(Washington) La secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen s’est dite jeudi préoccupée par le fait que des créanciers chinois puissent profiter des aides financières internationales aux pays pauvres.

Agence France-Presse

« Nous serions très inquiets de voir les ressources fournies à ces pays, utilisées pour rembourser la dette à la Chine, ce qui irait à l’encontre de l’objectif des programmes », a-t-elle déclaré lors d’une audition devant une commission de la Chambre des représentants.

La Chine est notamment le premier créancier des pays africains, dont la dette explose depuis la pandémie. Un moratoire a permis de donner un peu d’air aux pays les plus endettés, et la prochaine étape consisterait à effacer une partie des créances.  

Le G20 a réussi à convaincre la Chine et les créanciers privés de prendre part aux futures renégociations de dette.  

« Nous avons parlé avec la Chine de leur participation, ils ont promis de participer en tant que partenaires égaux dans le cadre » de ces discussions sur la dette, a encore indiqué la ministre des Finances de Joe Biden.

Cependant, a-t-elle déploré, « il y a des entités bâilleuses en Chine qui prêtent et qui n’ont pas pleinement participé à ces efforts ».

« Cela nous préoccupe et nous en avons parlé aux Chinois », a-t-elle ajouté, évoquant également la nécessaire transparence qui est « un moyen important de s’assurer que les fonds ne sont pas détournés ».

La Chine a lancé en 2013 les « Nouvelles routes de la soie », qui vise à construire des infrastructures à l’étranger et y accroître son influence.

Janet Yellen a également plaidé auprès du Congrès américain pour le déblocage de fonds pour l’aide aux pays pauvres face à cette dette.

Les institutions financières internationales ont « besoin d’un soutien supplémentaire, en particulier parce que les États-Unis n’ont pas toujours contribué à la hauteur des promesses ».

« Nous avons plus de 2,7 milliards de dollars d’engagements non respectés […], et cela augmentera à moins que le Congrès n’affecte des fonds pour respecter nos engagements », a-t-elle indiqué.

« La pandémie a fait des ravages dans les finances de ces pays, et s’ils veulent se reconstruire, beaucoup devront améliorer leur situation face à leur endettement. Les États-Unis ont été les premiers à créer » ces programmes, « mais nous devons maintenant (les) financer », a-t-elle plaidé.

Par le biais du G20, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) ont lancé au printemps 2020 l’initiative de suspension du service de la dette (DSSI) pour des dizaines de pays à faible revenu, dispositif qui expire à la fin de l’année.