(Ottawa) Les gens d’affaires réclament illico un plan « clair » et « transparent » de réouverture de l’économie de la part du gouvernement fédéral et des provinces.

Joël-Denis Bellavance
Joël-Denis Bellavance La Presse

« Il faut donner de l’espoir aux gens », lance sans ambages le président du Conseil canadien des affaires, Goldy Hyder.

« On ne peut pas avoir 13 plans de réouverture au pays. Il faut un plan national », plaide de son côté le président de la Chambre de commerce du Canada, Perrin Beatty, soulignant que la chaîne d’approvisionnement, déjà mise à rude épreuve, pourrait en souffrir à l’échelle du pays.

Le Québec a annoncé mardi son plan comportant des critères précis pour le déconfinement et de relance de son économie. La Saskatchewan en a fait autant il y a deux semaines en dévoilant un plan en trois étapes qui tient compte du nombre d’infections, du nombre de personnes vaccinées et du respect des règles sanitaires.

Mais du côté des autres provinces et du gouvernement fédéral, les intentions demeurent floues – une situation qui doit être corrigée sans délai pour donner l’heure juste aux entreprises en particulier et pour le bien-être de la population en général.

Une lettre aux gouvernements

Le Conseil canadien des affaires et la Chambre de commerce du Canada font partie d’un regroupement d’une soixantaine d’organisations du monde des affaires du pays qui a envoyé lundi une lettre à ce sujet au premier ministre Justin Trudeau et à l’ensemble des premiers ministres des provinces.

« Notre pays se trouve à un tournant dans le combat que nous menons contre la COVID-19. D’ici le milieu de l’été, ou peut-être même avant, environ les trois quarts des adultes canadiens seront au moins partiellement vaccinés et une personne sur cinq le sera complètement. Lorsque nous aurons franchi cette étape, il sera possible de commencer à assouplir les mesures restrictives, selon les avis émis par vos propres experts », affirment les signataires de la lettre aux premiers ministres.

« Les Canadiens sont en droit de s’attendre à une plus grande transparence et à un plan clair de leurs dirigeants politiques », ajoutent-ils.

Les auteurs de la lettre soulignent l’exemple du Royaume-Uni, qui a dévoilé une feuille de route en quatre étapes et des indications claires pour un retour à la vie normale. À l’étape trois, rappellent-ils, la plupart des entreprises peuvent rouvrir tout en respectant les lignes directrices de la Santé publique, sauf celles des secteurs plus risqués.

L’Union européenne est en train de mettre au point un certificat de voyage qui permettra aux citoyens des 27 pays membres de se déplacer plus librement.

Aux États-Unis, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies ont publié un guide qui décrit les activités jugées sécuritaires dans le cas des personnes pleinement vaccinées.

Des règles qui se font attendre

Au Canada, les règles pour l’ensemble du pays se font attendre, ont déploré MM. Hyder et Beatty au cours d’une rencontre avec des journalistes. Ils ont pris soin de saluer le leadership du Québec et de la Saskatchewan et ont réclamé une formule pancanadienne.

« Le premier ministre a récemment parlé d’un été à une dose et d’un automne à deux doses. Il faut maintenant parler de la récompense que rapportent les deux doses. Il faut donner de l’espoir aux gens. Il faut leur dire clairement qu’ils vont retrouver leur vie normale, leur liberté avec ces deux doses. Si on tarde trop, la frustration actuelle va se transformer en colère », a affirmé M. Hyder.

Ce dossier devrait être abordé en priorité lors de la prochaine conférence téléphonique entre M. Trudeau et ses homologues provinciaux, selon eux.

« Ce n’est pas un enjeu fédéral. Ce n’est pas un enjeu provincial. C’est un enjeu national. Et il faut un retour de l’approche d’Équipe Canada que nous avons eue au début de la pandémie », a renchéri M. Beatty.

Au cours des dernières semaines, les gens d’affaires ont exprimé à plusieurs reprises leur frustration au sujet de l’absence de plans de réouverture clairs dans plusieurs provinces. Ils ont notamment fait valoir que l’incertitude qui persiste à cet égard mine la confiance du public.

« Un plan clair pour un retour progressif et sécuritaire à une vie plus normale inspirerait confiance à la population tout en témoignant d’une préoccupation à l’égard de la santé physique, mentale, et financière des Canadiens. En tant que chefs d’entreprise, nous sommes prêts à travailler avec vous pour assurer une relance sécuritaire et durable », affirment les gens d’affaires dans leur lettre aux premiers ministres.