(Londres) La justice britannique a refusé vendredi à une cadre de Huawei qui se trouve en résidence surveillée au Canada l’accès à des documents de la Banque HSBC qu’elle demandait pour s’opposer à son extradition vers les États-Unis.

Agence France-Presse

Directrice financière du géant chinois des télécoms, Meng Wanzhou est réclamée par les États-Unis qui veulent la juger pour fraude bancaire.

La fille du fondateur de Huawei est accusée par la justice américaine d’avoir menti à un cadre de la Banque HSBC en 2013 sur les liens entre l’équipementier et une filiale qui vendait des équipements de télécoms à l’Iran, exposant la banque à des sanctions américaines. Huawei et Mme Meng contestent ces accusations.

Elle avait saisi la Haute cour de Londres pour avoir accès à des documents de la banque britannique HSBC censés l’aider dans sa défense pour s’opposer à la demande d’extradition vers les États-Unis.

Le juge britannique a rejeté sa demande et l’a condamnée à verser 80 000 livres sterling (141 500 dollars canadiens) à HSBC au titre des frais de justice.

Le juge Micheal Fordham a estimé qu’il n’est pas à même de juger quels documents de la part de HSBC seraient nécessaires pour lui assurer une procédure équitable.

La banque n'a pas été trompée, dit Meng

Lors de l’audience à Londres la semaine dernière, l’avocat de Mme Meng,  James Lewis, a plaidé qu’il existe des éléments « convaincants » selon lesquels la banque n’a « en fait pas été trompée » et que la procédure d’extradition est mal fondée.

Au Canada, les audiences finales dans le cadre de la procédure d’extradition doivent reprendre début mars et se terminer en mai. Mais avec les nombreuses possibilités d’appels, la procédure pourrait durer encore plusieurs années.

Arrêtée le 1er décembre 2018 à l’aéroport de Vancouver, Meng Wanzhou vit depuis en liberté surveillée dans une des luxueuses maisons qu’elle possède dans cette ville de l’Ouest canadien.

Son interpellation a provoqué une crise diplomatique majeure entre la Chine et le Canada.