Après avoir vu G4S accepter d’être rachetée par une entreprise américaine détenue en partie par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), GardaWorld aura une autre occasion d’acquérir le géant de la sécurité établi à Londres.

Julien Arsenault
La Presse Canadienne

Dans le but de mettre fin à un processus ayant débuté il y a maintenant plusieurs mois, les autorités réglementaires britanniques ont décidé, vendredi, qu’il y aurait un processus d’enchères entre l’américaine Allied Universal et la multinationale québécoise.

Les deux compagnies auront l’occasion de présenter publiquement des propositions révisées d’ici le 20 février dans le but de rafler G4S. Autrement, les offres scellées devront être présentées à compter du 22 février dans le cadre des enchères.

En décembre dernier, le conseil d’administration de G4S avait retenu la proposition d’Allied, qui acceptait de payer 245 pence — soit environ 4 % de plus que la plus récente offre de GardaWorld — pour chacune des actions de la société établie à Londres dans le cadre d’une offre évaluée à environ 6,7 milliards CAN.

Mais les investisseurs tardent à déposer leurs actions en espérant voir GardaWorld, fondée et dirigée par le Québécois Stéphan Crétier, revenir à la charge. Parallèlement, Allied et GardaWorld ont prolongé à plusieurs reprises l’échéance de leurs propositions respectives.

« Nous n’avons rien à ajouter sur le processus réglementaire, surtout que nous nous battons contre Allied, un (concurrent) américain, appuyé par la CDPQ », a souligné l’entreprise québécoise, dans une déclaration envoyée par courriel.

Le bas de laine des Québécois est le deuxième actionnaire en importance d’Allied avec une participation d’environ 35 %. M. Crétier avait reproché à la Caisse de lui mettre des bâtons dans les roues en étant aux côtés d’une compagnie qui convoitait la même entreprise que lui.

Signe que les investisseurs anticipent le dépôt d’une offre supérieure, le titre de G4S a clôturé à 267 pence à la Bourse de Londres, vendredi, bien au-delà du montant proposé par Allied.

« La balle est dans le camp de Garda, a estimé l’analyste Tyler Tebbs, établi à Londres pour la firme Louis Capital, au cours d’un entretien téléphonique. Le consensus ici est que Garda reviendra à la charge avec une offre. Le consensus prévoit aussi une victoire d’Allied parce qu’ils peuvent réaliser plus de synergies. »

Si Allied parvient à acquérir G4S, l’entité comptera quelque 750 000 employés répartis dans 80 pays en plus de générer des revenus annuels de 18 milliards US. En comparaison, GardaWorld emploie 102 000 salariés en Amérique du Nord, en Afrique, en Asie ainsi qu’au Moyen-Orient.

En date du 31 décembre dernier, la CDPQ évaluait son placement dans Allied Universal à plus de 1,5 milliard, selon les informations figurant dans son plus récent rapport annuel.

Depuis 2019, BC Partners, établie à Londres, est le plus important actionnaire de la société québécoise après avoir conclu une entente de 5,2 milliards en échange d’une participation de 51 %. M. Crétier détient une participation de 43 %, alors que le reste appartient à d’autres dirigeants de la société.