Après une quinzaine d’années à New York, où il a appris le fonctionnement de Wall Street, le Montréalais Aaron Stern est de retour dans la métropole pour lancer un fonds d’investissement (hedge fund) au centre-ville de Montréal.

Publié le 21 janv. 2021
Richard Dufour
Richard Dufour La Presse

« Mon rêve d’adolescent était de travailler dans le monde de l’investissement », raconte cet ancien étudiant de l’Université McGill aujourd’hui âgé de 36 ans.

« J’ai quitté Montréal après l’université pour aller chercher le savoir-faire de Wall Street. J’ai toujours souhaité créer une firme d’investissement ici à Montréal. C’est très excitant », dit le financier né à Montréal.

Il a installé les bureaux de Converium Capital au 1250, boulevard René-Lévesque, près de la gare Windsor et du Centre Bell. Son style d’investisseur est contrarian, c’est-à-dire qu’il aime aller à contresens. Il s’intéresse beaucoup aux entreprises ignorées par le marché parce qu’elles peuvent par exemple être en difficulté, devoir redresser leur bilan ou procéder à une restructuration.

Je me suis aperçu que si je m’intéressais à des entreprises qui procèdent à des changements ou qui ont des épreuves à surmonter, il y a peu de concurrence autour de moi, et s’il y a peu de concurrence, c’est plus facile de saisir des occasions et de réaliser du rendement. J’ai passé ma carrière à faire ce genre de choses et à jouer un rôle déterminant, en offrant des conseils ou en trouvant des experts pour aider.

Aaron Stern

Le nom de Converium est d’ailleurs un clin d’œil à un investissement passé dans un assureur suisse qui portait ce nom et traversait une période difficile. « J’avais investi dans l’entreprise, qui s’est par la suite redressée. Ça s’est avéré un bon placement. J’aimais le nom, alors j’ai décidé de l’utiliser », explique-t-il avec le sourire.

Aaron Stern précise que les occasions d’investissement proviendront d’un peu partout dans le monde et que Converium n’investira pas uniquement dans des entreprises inscrites en Bourse, mais aussi dans des entreprises privées et même dans la dette gouvernementale.

Il soutient que Converium sera prêt à réaliser ses premiers investissements au début du mois d’avril. Il espère à ce moment avoir un demi-milliard de dollars US en capitaux à investir. À ce jour, selon la publication spécialisée Hedge Fund Alert, Converium aurait récolté plus de 125 millions de dollars américains.

L’argent personnel d’Aaron Stern et de ses partenaires compose une partie de l’argent amassé jusqu’ici. Converium compte déjà une dizaine d’employés, dont cinq sont d’anciens étudiants de McGill.

Un de ses partenaires est Michael Rapps, ex-président du conseil de Supremex – fournisseur montréalais d’enveloppes et de produits d’emballage – et ex-PDG de Clarke, un conglomérat diversifié de Halifax.

Avant de fonder Converium, Aaron Stern a travaillé une dizaine d’années chez Fir Tree Partners, firme d’investissement new-yorkaise où il était associé. « J’étais responsable de la stratégie d’investissement dans des entreprises en difficulté à l’extérieur des États-Unis. »

À son sommet, l’actif sous gestion s’élevait à 13 milliards US chez Fir Tree, et Aaron Stern dit qu’il gérait des milliards. « J’ai développé un réseau de contacts dans différentes industries pour m’appuyer. »

Parmi ses plus grands investissements à contresens, il mentionne des investissements dans la dette de banques européennes comme Dexia et Anglo Irish durant la crise financière. Il affirme aussi avoir été un des premiers investisseurs institutionnels à investir dans des obligations de la Grèce en 2012 après la restructuration, aidant ainsi, dit-il, à stabiliser le pays.