(Paris) L’imposition de droits de douane supplémentaires annoncée mercredi par les États-Unis dans le cadre du vieux litige entre Boeing et Airbus est « contre-productive » pour l’industrie américaine et témoigne d’une volonté d’« escalade » à laquelle l’Europe doit réagir, a dénoncé jeudi l’avionneur européen.

Agence France-Presse

« L’extension des droits de douane […] pour inclure les composants d’avions fabriqués aux États-Unis-par des travailleurs américains-est contre-productive à tous égards. Airbus regrette que l’USTR (le représentant américain au Commerce, ndr) ait décidé d’une escalade de ce conflit en prenant une mesure qui porte également préjudice à l’industrie manufacturière, aux travailleurs et aux consommateurs américains », estime-t-il dans un communiqué transmis à l’AFP.

A trois semaines de la fin de son mandat, l’administration Trump a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi qu’elle s’apprêtait à imposer des droits de douanes supplémentaires contre des produits français et allemands, des vins non pétillants et cognacs, des pièces aéronautiques jusque-là épargnées alors que les avions complets sont taxés à 15 %.

Airbus dispose à Mobile (Alabama, sud des États-Unis) d’une ligne d’assemblage pour les monocouloirs A320, d’une autre pour les A220.

Les pièces de fuselage, d’empennage et autres pièces aéronautiques importées de France et d’Allemagne feront donc dorénavant l’objet de droits de douane de 15 %, selon une liste publiée par l’USTR.

Pour Airbus, la décision américaine « ne contribuera pas à créer un climat de confiance permettant d’aboutir à une solution négociée ».  

L’avionneur se dit par ailleurs « convaincu que l’Europe réagira de manière appropriée pour défendre ses intérêts et ceux de toutes les entreprises et de tous les secteurs européens, y compris Airbus, visés par ces tarifs injustifiés et contre-productifs ».

Les taxes américaines s’ajouteront à celles déjà imposées depuis 2019 sur des importations européennes comme le vin, le fromage, l’huile d’olive ou le whisky, ainsi que sur les avions.

Washington y avait été autorisé par l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Et en octobre, l’institution a également autorisé l’UE à appliquer elle aussi des droits de douane supplémentaires sur des produits importés des États-Unis.

Les deux parties s’accusent réciproquement, et depuis des années, de soutenir les deux géants de l’aéronautique d’une manière qui contrevient aux règles de concurrence loyale de l’OMC.