La Caisse de dépôt a annoncé jeudi être devenue un « investisseur principal » dans IEX Exchange, une Bourse newyorkaise dont la création a fait l’objet d’un livre populaire, Flash Boys.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

La Bourse électronique d’IEX Exchange est décrite comme le huitième plus important opérateur boursier à l’échelle mondiale dans le communiqué diffusé par la Caisse de dépôt et placement du Québec. Elle a été fondée en 2016, notamment par le Canadien Brad Katsuyama, jusque-là employé de la Banque Royale à New York.

La Caisse en devient actionnaire en échange d'environ 75 millions de dollars. Elle y détiendra un siège au conseil d'administration, siège qui sera occupé par sa première vice-présidente et cheffe des marchés boursiers, Hélène Beck.

Les raisons de la création de cette Bourse sont expliquées en détail dans un livre de l’auteur américain à succès Michael Lewis, qui a aussi écrit les très connus Moneyball et The Big Short (Le casse du siècle). Le livre lève le voile sur une pratique controversée, la « négociation à haute fréquence », par laquelle des investisseurs trouvent le moyen de s’insérer entre la demande et l’exécution d’un ordre de transaction par un investisseur régulier. L’opération, qui se joue en l'espace de microsecondes, est très lucrative.

M. Katsuyama avait découvert le pot aux roses lorsqu’il était à l’emploi de la Royale et ses tribulations l’avaient mené à fonder cette nouvelle Bourse, qui impose de très courts délais jugés néanmoins suffisants pour décourager les négociateurs à haute fréquence et ainsi rendre les transactions plus équitables.

L’entreprise s’est depuis diversifiée pour aussi offrir des données financières.