La forte croissance du taux de participation des femmes au marché du travail au Canada depuis quatre décennies a rehaussé leur situation financière à tel point que l’égalité économique homme-femme serait maintenant en vue.

Martin Vallières
Martin Vallières La Presse

« Les femmes canadiennes sont une force sur le marché du travail comme jamais auparavant, ce qui leur donne une nouvelle indépendance financière qui les sert bien pendant leurs années de revenus et à la retraite », constatent les économistes de la Banque Royale, dans une étude préparée à l’occasion de la Journée internationale des femmes, le 8 mars prochain.

Le taux de participation au marché du travail parmi les femmes d’âge moyen (25-54 ans) est passé de 51 % à la fin des années 70 à 83 % actuellement.

Pour les femmes plus âgées (55 ans et plus), ce taux de participation a presque doublé, de 17 % à 32 %, en l’espace de quatre décennies.

En conséquence, les femmes gagnent maintenant 42 % du revenu total des ménages canadiens, contre seulement 25 % en 1976, ont relevé les économistes de la Banque Royale.

240 milliards de plus en revenus annuels

Ces gains de revenu signifient que les femmes canadiennes contrôlent collectivement 240 milliards de dollars de plus chaque année que si leur part du revenu total n’avait pas augmenté.

De plus, soulignent les économistes de la Royale, cette progression financière des femmes canadiennes s’est produite malgré la persistance d’un écart salarial de 12 % en moyenne par rapport au salaire d’un homme, dans un emploi comparable.

3400 milliards en avoir net personnel

En conséquence de leur participation accrue au marché du travail, et des progrès économiques qu’elles en ont obtenus, les femmes canadiennes âgées de 18 à 64 ans contrôlent un avoir net d’environ 3400 milliards (valeur d’actifs personnels moins les dettes).

Cela représente près de la moitié (46 %) de l’avoir net personnel de tous les Canadiens, selon l’analyse des économistes de la Banque Royale, à partir des données de Statistique Canada.

De l’avis des économistes de la Royale, une partie de cet enrichissement en avoir net tient au fait que les femmes en emploi accumulent maintenant leur propre actif de pension.

Et qu’il s’agit d’un type d’épargne-retraite qui était beaucoup moins accessible aux femmes dans le passé, du temps qu’elles occupaient surtout des emplois à court terme et peu rémunérés, ou ne travaillaient pas avec rémunération à l’extérieur de la maison.

Vers des retraites beaucoup mieux pourvues

La forte progression des femmes canadiennes parmi la population active (adultes aptes au travail) leur a aussi permis de mieux bénéficier des programmes publics de revenu de retraite, constatent les économistes de la Banque Royale.

Par exemple, la part des revenus de retraite des femmes provenant de ces régimes publics (RRQ au Québec, RPC au Canada hors Québec) est devenue presque égale à celle des hommes, alors qu’elle était inférieure de moitié à la fin des années 70.

Par ailleurs, en combinant tous les revenus de retraite, de sources privées ou publiques, le niveau moyen de revenu de retraite des femmes canadiennes s’établit maintenant à 80 % de celui des hommes, comparativement à seulement 40 % à la fin des années 70.

« Cette meilleure sécurité financière des femmes canadiennes à l’approche de la retraite n’aurait pas pu arriver à un meilleur moment, en termes démographiques », soulignent les économistes de la Royale.

« D’ici 2030, une personne sur huit au Canada sera une femme âgée de plus de 65 ans. Grâce à leurs gains économiques découlant d’un emploi, ces femmes seront plus que jamais en mesure de profiter des fruits de leur participation accrue au marché du travail. »