Lorsqu’il est question du développement du Palais des congrès de Montréal, c’est surtout son projet d’agrandissement qui retient l’attention depuis quelques années. De nombreux autres changements sont toutefois en marche depuis l’arrivée d’un nouveau président-directeur général, il y a un peu plus d’un an.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE

Depuis la nomination du PDG du Palais des congrès, Robert Mercure, les projets se sont rapidement multipliés.

« On n’attend pas l’agrandissement pour réinventer le Palais », lance Robert Mercure, qui en a été nommé PDG en octobre 2018 après avoir passé près de 20 ans au sein de la chaîne hôtelière Fairmont, dont 11 à la direction du Château Frontenac. Les projets se sont en effet rapidement multipliés.

Galerie commerciale

Les locaux vacants se font de plus en plus nombreux dans la galerie commerciale du Palais, et ce n’est pas un hasard.

« On veut repositionner le volet commerce de détail. En restauration, on veut attirer des établissements beaucoup plus tendance », explique M. Mercure.

Un contrat a été attribué à cette fin à l’agence responsable de la modernisation de l’offre à l’aéroport Montréal-Trudeau.

L’ajout d’espaces de travail collaboratifs est aussi au programme, de même que la location à des entreprises en démarrage dont les activités sont liées au tourisme. Certaines d’entre elles y sont déjà installées.

Une offre « start-up »

Sept jeunes entreprises montréalaises sont déjà inscrites au nouveau programme CITÉ (Centre d’innovation en transformation événementielle) du Palais des congrès. Elles constituent essentiellement un catalogue d’offres originales que le Palais met en vitrine auprès des organisateurs d’événements, ce qui rend son offre un peu plus originale.

« Tout le monde veut une expérience C2, mais 98 % des clients n’ont pas les budgets pour ça », note M. Mercure, en faisant référence à la conférence créative éclatée organisée chaque année à Montréal. Faire appel aux jeunes entreprises de CITÉ est une façon, estime-t-il, d’apporter une touche d’originalité à coût plus abordable.

« On ne sera jamais le plus gros des Palais des congrès en Amérique du Nord, mais on peut mettre l’accent sur la qualité. Les gens tripent sur l’expérience Montréal. »

De nouveaux locaux

L’extrémité ouest de l’immense édifice accueillera bientôt deux nouveaux locaux à la fine pointe de la technologie. D’abord, on y aménagera un studio pouvant servir à l’enregistrement de segments pour la radio, la télé ou la baladodiffusion. Il sera accessible aux participants à des événements, bien sûr, mais aussi au public en général.

« On veut vraiment se rebrancher sur les Montréalais », promet M. Mercure.

Tout près naîtra une salle de bal de 20 000 pieds carrés « hyper technologique », qui servira aussi de musée de la réalité virtuelle dont l’accès, payant, sera ouvert au public.

Des changements en cuisine

D’une part, le Palais a fait appel au chef Jérôme Ferrer pour créer un menu qui sera offert lors de soirées et réceptions prestigieuses. D’autre part, on travaille à un partenariat avec l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ). Ce partenariat passera par la création d’une cuisine laboratoire qui servira à la fois à la formation des étudiants et à l’expérimentation en vue de réinventer les menus.

« C’est le côté brainstorming », assure M. Mercure.

Mesures environnementales

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Le Palais des congrès se décrit comme « 100 % carboneutre ».

« Comme toutes les autres industries, celle des congrès subit des pressions environnementales », reconnaît M. Mercure.

Pour y répondre, le Palais a mis sur pied une série de mesures, regroupées sous l’enseigne « Palais Boréal ». L’établissement se décrit ainsi comme « 100 % carboneutre ».

« Il n’y en a pas beaucoup dans le monde, et nous sommes le seul qui achète tous ses crédits localement », fait valoir M. Mercure. Le Palais offre aussi aux organisateurs et aux congressistes qui se déplacent pour venir à Montréal de compenser leurs émissions par l’achat de crédits québécois.

Les bouteilles d’eau en plastique, très populaires lors des congrès, ont disparu le 1er janvier. On cherche une solution pour faire de même avec les couverts et autres articles en plastique à usage unique, mais c’est difficile.

Nouveau look

La façade colorée du Palais des congrès a fait jaser au moment de son inauguration. Mais depuis, c’est assez tranquille, côté look. L’organisme a récemment embauché la firme Ombrages afin de repenser l’éclairage de la façade principale, celle du côté ouest, donnant sur la rue De Bleury, ainsi que celle de la rue Saint-Antoine, au sud.

Des efforts sont aussi en cours pour augmenter la présence d’art québécois (tableaux, sculptures, etc.) dans l’édifice.

Agrandissement

C’est Québec qui contrôle le dossier de l’agrandissement du Palais des congrès. Le dossier de l’expropriation des terrains nécessaires est ralenti par une contestation de leur valeur par les propriétaires actuels. Une fois ce dossier réglé, M. Mercure ne doute pas que la suite viendra rapidement.

« On a vraiment un appui incroyable du gouvernement provincial et de la Ville, le dossier avance bien. »