(Montréal) Une nouvelle étude conclut que la réforme des tarifs domestiques d’électricité mise de l’avant pendant deux ans par Hydro-Québec à partir d’avril 2017 a été plus dure pour les ménages à faible revenu alors qu’elle devait les favoriser.

La Presse canadienne

L’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) précise que la réforme a entraîné des augmentations de la facture annuelle désavantageuses pour les clients consacrant la plus forte proportion de leur consommation d’électricité au chauffage.

Parmi eux se retrouve la majorité des ménages à faible revenu. Environ 210 000 d’entre eux, ou 35 %, ont été avantagés contrairement à 390 000 qui ont été désavantagés.

La réforme détermine la facture d’électricité pour 94 % des clients résidentiels d’Hydro-Québec. Jusqu’au 31 mars 2017, les 30 premiers kWh étaient facturés 5,71 cents chacun, et les suivants 8,68 cents. Ce sont aujourd’hui les 40 premiers kWh qui font partie de la première tranche.

L’IRIS a observé que les clients incapables d’agir sur la consommation de chauffage, soit parce qu’ils sont locataires ou parce qu’ils n’ont pas les moyens d’effectuer des rénovations, font partie de ceux qui auront eu les pires augmentations de factures depuis 2016. De plus, l’écart de facturation entre les ménages qui ont une forte proportion de chauffage et ceux qui en ont une faible va s’accroître, car les factures augmenteront au niveau de l’inflation.

Un client moyen qui consommait en moyenne, avant la réforme, 18 000 kWh par année avec une forte proportion de chauffage payait 50 $ de plus qu’un client avec peu de chauffage. L’IRIS a constaté qu’au terme de la réforme, il payait 115 $ de plus.

L’étude déplore aussi qu’en raison de l’adoption du projet de loi 34, la seule possibilité de remédier au résultat indésirable de la réforme de tarifs d’ici cinq ans est que le ministre de l’Énergie lui-même, sur recommandation d’Hydro-Québec, demande la tenue d’une audience à la Régie de l’énergie.