(Montréal) En vue de la négociation du secteur public qui s’amorcera bientôt, la CSQ demande des augmentations de salaire équivalant à 6 % en 2020, suivies d’augmentations de 3 % pour chacune des deux années suivantes.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

Après la FTQ plus tôt cette semaine, c’était au tour jeudi de la Centrale des syndicats du Québec de déposer au Conseil du trésor ses demandes pour les 117 000 membres qu’elle représente dans les commissions scolaires, les cégeps et le réseau de la santé et des services sociaux.

Dans les faits, pour la première des trois années, la CSQ demande un montant fixe de 2 $ l’heure pour l’ensemble des taux horaires — c’est ce qui équivaut à 6 % du salaire moyen. Puis deux augmentations successives de 3 % suivraient en 2021 et 2022.

« Pour nous, le gouvernement bénéficie de toute la marge de manœuvre financière pour améliorer les conditions de travail, pour augmenter les salaires. Tout ça, ça aura un effet direct et bénéfique pour la population. Il faut vraiment remettre les services publics sur les rails », a plaidé la présidente de la CSQ, Sonia Éthier, en entrevue avec La Presse canadienne.

Au total, on parle d’augmentations équivalant à 12,5 % au bout de trois ans, soit une augmentation de la masse salariale de 4,4 milliards à la fin de la convention collective.

De plus, la CSQ veut négocier un mécanisme de protection du pouvoir d’achat contre l’inflation si celle-ci dépasse 2 %. Ainsi, si l’inflation était de 2,5 %, l’augmentation revendiquée serait de 3,5 % plutôt que de 3.

« Il y en a encore de la marge de manœuvre. On sait que les finances publiques vont bien, que la croissance économique est au rendez-vous. Il n’y a pas de raison pour nous dire qu’il n’y a pas d’argent et qu’on ne peut pas améliorer les conditions de travail des travailleuses et des travailleurs du secteur public, là. C’est impossible », a lancé Mme Éthier.

Pour ses enseignants du primaire et du secondaire, ces augmentations salariales devraient s’ajouter à l’augmentation de 8 % déjà demandée, vendredi dernier, à titre de « rattrapage » par sa Fédération des syndicats de l’enseignement.

Pas d’augmentations différenciées

Mme Éthier ne veut pas des « augmentations différenciées » évoquées par le premier ministre François Legault lui-même. Il s’agit d’augmentations qui seraient plus généreuses pour des titres d’emplois marqués par la pénurie, comme les enseignants et les préposés aux bénéficiaires.

« Pour nous, ce n’est pas possible de procéder comme ça. Tout le monde a des besoins actuellement. Et on ne peut pas privilégier une profession ou un métier plus que les autres, parce qu’on est tous en besoin. Il y a des problèmes d’attraction et de rétention dans le système. Il y a de la surcharge. Il y a des congés de maladie et ça touche tous les corps d’emploi », a plaidé la présidente de la CSQ.

Sans front commun

Les demandes de la CSQ sont déposées séparément, puisqu’il n’y a pas de front commun intersyndical cette fois-ci. Les trois centrales CSQ-CSN-FTQ n’ont pas réussi à s’entendre pour le reconstituer. Toutes font donc des demandes distinctes à Québec, ce qui alourdira encore un processus déjà complexe.

Mme Éthier ne désespère cependant pas. « On n’a pas mis de côté la question du front commun. Pour l’instant, on n’a pas encore réussi à harmoniser complètement nos demandes salariales. On a conclu qu’on ferait nos dépôts différemment, mais on n’exclut pas la possibilité de se rejoindre », a-t-elle souligné.