Les bailleurs de fonds de la Grèce ont décidé de revenir dans le pays, ouvrant la voie au versement de prêts dont le pays a absolument besoin pour éviter la faillite, alors que le président de la Commission a prévenu que l'UE faisait face au «plus grand défi» de son histoire.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«J'ai le plaisir d'annoncer que la troïka a décidé de reprendre la mission en Grèce», a déclaré au cours d'un point de presse le porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, ajoutant que cette décision «faisait suite aux récentes annonces des autorités grecques pour réduire le déficit du pays. Le retour est prévu «demain» jeudi, a-t-il précisé.

Les chefs de mission de la troïka (rassemblant l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international) avaient quitté le pays au début du mois de manière impromptue car ils étaient mécontents du manque de progrès du gouvernement dans les efforts promis.

Leur retour signifie qu'ils sont à présent peu ou prou satisfaits des les mesures correctives annoncées depuis par Athènes. Du feu vert de la troïka dépend le versement d'une nouvelle tranche d'aide de 8 milliards d'euros, tirée du premier plan de sauvetage du pays mis en place au printemps 2010.

Athènes a un besoin vital de cet argent pour éviter un défaut de paiement sur son énorme dette qui dépasse 350 milliards d'euros, un problème qui «effraie le monde», a affirmé lundi le président américain Barack Obama.

Mercredi, devant le Parlement européen, Jodé Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, a exclu le scénario catastrophe d'une sortie de la Grèce de la zone euro.

«La Grèce est et restera dans la zone euro», a-t-il affirmé dans un discours.

Dans le même temps, M. Barroso a reconnu que la crise de la dette était le «plus grand défi de l'histoire» de l'Union européenne, tout en se montrant combatif et en cherchant à reprendre la main sur ce dossier que cherchent à contrôler la France et l'Allemagne au sein de l'UE.

Il a plaidé en faveur de davantage d'intégration afin de sauver l'euro et assuré que les pays européens continueraient de se montrer solidaires avec Athènes. Il s'est notamment prononcé en faveur des euro-obligations à terme.

«Une fois que la zone euro sera dotée des instruments nécessaires pour assurer tant l'intégration que la discipline (économique), l'émission de dette commune sera considérée comme un pas naturel et avantageux pour tous», a-t-il affirmé.

Les services de la Commission vont présenter «dans les prochaines semaines» des options possibles pour la mise sur pied d'euro-obligations, a-t-il confirmé.

Face à l'aggravation de la crise de la dette, M. Barroso s'est également prononcé en faveur d'une entrée en vigueur plus rapide que prévu du Mécanisme de soutien financier permanent de la zone euro censé être mis en place seulement mi-2013.

Une déclaration qui survient alors que des voix s'élèvent pour renforcer le Fonds de secours actuellement en place, le FESF, dont la capacité de prêts (440 milliards d'euros) est insuffisante pour arrêter la contagion de la crise à des pays comme l'Italie.

Parmi les options évoquées, le renflouement pur et simple du Fonds ou l'augmentation de sa force de frappe via de nouveaux outils.

Dans l'immédiat, M. Barroso a appelé la Banque centrale européenne à continuer à soutenir les pays en difficulté via le rachat de leur dette publique sur les marchés.

«Nous avons confiance dans le fait que la BCE, dans le plein respect du traité (de l'UE, fera tout ce qui est nécessaire pour préserver l'intégrité de l'euro et garantir sa stabilité financière», a-t-il dit.

Autre réponse à la crise de la dette: la Commission a adopté officiellement une proposition de taxe sur les transactions financières censée rapporter jusqu'à 55 milliards d'euros par an et alimenter directement le budget de l'Union européenne, ce qui réduirait les contributions des États.

«Au cours des trois dernières années, les États membres ont accordé des aides et fourni des garanties au secteur financier à hauteur de 4600 milliards d'euros. Il est temps que le secteur financier apporte sa contribution à la société», a affirmé M. Barroso.