Les députés grecs, après avoir adopté mercredi le nouveau plan de rigueur du gouvernement par 155 voix contre 138, ont voté jeudi un deuxième projet de loi portant sur les modalités d'application du texte.

Derek Gatopoulos ASSOCIATED PRESS

Les pays membres de la zone euro, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international (FMI) exigeaient l'adoption de ce plan très impopulaire pour verser une nouvelle tranche de 12 milliards d'euros, dans le cadre du prêt de 110 milliards d'euros, et préparer un deuxième plan de sauvetage d'un montant probablement similaire. La Grèce, sans ces 12 milliards, risque de se retrouver en défaut de paiement courant juillet.

Le nouveau plan de rigueur prévoit des économies budgétaires de 28 milliards d'euros sur cinq ans, de nouveaux impôts et un programme de privatisations de 50 milliards, qui concerne des aéroports, infrastructures ferroviaires, compagnies de l'eau, du gaz, de l'électricité, établissements bancaires ou postaux.

Le plan, dont l'objectif est de ramener le déficit budgétaire de 9,3% en 2010 à 7,9% en 2015, va se traduire notamment par une hausse des taxes à la consommation, ainsi qu'une baisse du seuil d'imposition sur le revenu. Quelque 86 000 emplois dans le secteur public doivent être supprimés d'ici 2015.

Un autre texte, détaillant les modalités d'application des mesures d'austérité, a été adopté jeudi par 155 voix contre 136. Le premier ministre socialiste Georges Papandréou avait exhorté les députés à remplir un «devoir patriotique» en adoptant les nouvelles mesures. «Nous devons tout faire pour éviter l'effondrement du pays», a-t-il dit.

Le député socialiste Alexandros Athanassiadis, qui avait annoncé son intention de voter contre le texte, a finalement apporté son soutien. Un député de l'opposition conservatrice a également voté pour, malgré les consignes de son parti.

Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy et celui de la Commission européenne José Manuel Barroso ont salué dans un communiqué commun l'adoption de ce plan d'austérité, un vote de «responsabilité nationale» permettant à la Grèce de s'écarter du «scénario très grave d'un défaut de paiement». La chancelière allemande Angela Merkel s'est également félicitée de cette «bonne nouvelle».

Pendant que les députés votaient, des affrontements opposaient policiers et manifestants devant le Parlement. Les incidents se sont poursuivis toute la journée de mercredi, et la police anti-émeute a fait un large usage de gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes pour disperser des jeunes gens qui lançaient des projectiles divers et incendiaient des poubelles. Les policiers ont également chargé les manifestants à plusieurs reprises.

D'après un bilan officiel, plus de 300 personnes ont été blessées en deux jours de violents incidents mardi et mercredi à Athènes.