Le gouvernement fédéral versera des centaines de millions de dollars dans l'éducation, la recherche et l'innovation, insistant particulièrement sur les technologiques numériques.

Mis à jour le 23 mars 2011
Hugo de Grandpré
Hugo de Grandpré LA PRESSE

Dix nouvelles chaires de recherche seront créées au Canada grâce à une somme de 53,4 millions. Aucun autre détail n'a été fourni, mais certaines «correspondront à des domaines liés à la stratégie sur l'économie numérique», a-t-on expliqué dans le document.

Cette nouvelle «Stratégie», dont les détails seront dévoilés plus tard ce printemps, comprend également un financement de 80 millions pour appuyer la collaboration entre collèges et PME, afin d'aider ces dernières à «adopter plus rapidement les technologies de l'information».

En plus de donner un coup de pouce aux PME, la stratégie visera à préparer les étudiants à faire carrière dans l'économie numérique et consacrera 100 millions par année au Fonds des médias du Canada, qui investit dans la création de contenu numérique multi-plateformes.

La FEUQ dénonce Charest

L'aide aux étudiants et à la formation professionnelle revient sous d'autres formes dans le budget: les personnes qui étudient à l'étranger jouiront d'un accès plus facile aux crédits d'impôts et aux régimes enregistrés d'épargne-étude (REEE), tandis qu'Ottawa abaissera le seuil d'admissibilité de 13 à 3 semaines de formation.

Les règles qui régissent les REEE seront assouplies d'une autre manière, alors qu'on facilitera le paiement à des bénéficiaires multiples, notamment lorsqu'ils ont besoin de sommes différentes pour poursuivre leurs études.

Toutefois, une bonification du programme canadien des prêts et bourses ne profitera pas aux étudiants québécois, du moins pas pour l'instant: le Québec devrait adopter des mesures semblables dans son propre programme pour espérer obtenir un transfert fédéral équivalent. Or, la Fédération étudiante universitaire du Québec craint que cela ne se produise pas et que la province se prive d'un revenu potentiel de 15 millions de dollars sur deux ans.

«Contrairement à Jean Charest, le gouvernement fédéral fait ses devoirs afin de favoriser l'accessibilité aux études. Malheureusement pour les étudiants québécois, ils n'en verront pas les effets, le gouvernement Charest détournant les nouvelles sommes reçues afin de réduire son propre déficit au lieu de les aider», a dénoncé le président de la fédération, Louis-Philippe Savoie.

Même chose pour l'annulation de 40 000$ en prêts étudiants aux médecins qui iraient s'installer en région (20 000$ pour les infirmières): la FEUQ craint encore une fois que le gouvernement Charest ne se prévale pas d'un éventuel droit de retrait avec compensation de ce programme fédéral.

À partir de 2011, par contre, les frais d'examen pour les métiers spécialisés ou les ordres professionnels seront eux aussi admissibles à l'obtention d'un crédit d'impôt. Le gouvernement fédéral estime que 30 000 personnes pourront bénéficier de cet allégement chaque année. Les métiers et professions visés incluent par exemple les avocats, les cuisiniers, les plombiers, les mécaniciens et les massothérapeutes.

Le budget a enfin prévu 10 millions pour les universités et collèges canadiens: ces sommes iront à des offensives promotionnelles pour mousser leur popularité à l'étranger et attirer de nouveaux étudiants.