Malgré une augmentation de 900 millions du déficit budgétaire prévu pour 2011-2012, Québec reste en bonne voie de revenir à l'équilibre de ses finances en 2013-2014.

Mis à jour le 18 mars 2011
Rudy Le Cours LA PRESSE

Pour l'exercice en cours, dont les revenus devraient atteindre 62,37 milliards, le déficit est désormais estimé à 4,2 milliards, soit 306 millions de moins que ce que le ministre des Finances Raymond Bachand avait projeté l'an dernier. En fait, il pourrait même être ramené à 3,9 milliards puisqu'il inclut une provision pour éventualités de 300 millions qui servira à réduire le manque à gagner, s'il n'est pas utilisé d'ici le 31 mars, soit dans moins de deux semaines.

Les 306 millions de plus dans la cagnotte sont le solde d'une augmentation de 918 millions des revenus d'impôts, de taxes et des entreprises du gouvernement, jumelée à une diminution de 46 millions du service de la dette puisque le gouvernement a pu profiter de taux d'intérêt très avantageux pour emprunter. Les emprunts réalisés en 2010 apporteront des économies aux exercices 2011-2012 et 2012-2013. Il a aussi reçu 126 millions de plus que prévu d'Ottawa.

Ces gains sont en partie grugés par une augmentation de 758 millions de dépenses imprévues: 356 millions venant des nouvelles évaluations actuarielles des régimes de retraite et 402 millions pour relever de 500 à 902 millions la provision pour créances douteuses.

Déficit plus élevé

Pour l'exercice qui commence le 1er avril, Québec prévoit désormais un déficit de 3,8 milliards, soit 900 millions de plus que dans son plan initial de retour au déficit zéro annoncé l'an dernier.

À première vue, il s'agit d'une détérioration substantielle.

En y regardant de plus près, on se rappelle que le déficit précédent est sans doute gonflé techniquement de 300 millions, voire davantage si le gouvernement a sous-estimé ses recettes de janvier à mars comme il l'a fait souvent par le passé.

Une provision de 300 millions est aussi incluse dans l'exercice 2011-2012 et servira à réduire le déficit s'il ne se produit pas d'éventualité pour la dépenser.

En outre, le gouvernement fait l'hypothèse d'une croissance du PIB en dollars courants de 3,9% pour 2011, ce qui paraît bien faible compte tenu de la moyenne du secteur privé de 4,6%. Pour les années 2010 à 2015, l'écart moyen est seulement de deux dixièmes de point.