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Après le choc, la chasse aux aubaines

Fusions et acquisitions... (Illustration David Lambert, La Presse)

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Fusions et acquisitions

Illustration David Lambert, La Presse

(Montréal) Il y a eu le choc, mais maintenant, bien des entreprises semblent prêtes à rebondir et à saisir les occasions. C'est du moins l'avis des experts interrogés par La Presse.

«Bien sûr, il y a une crise. Toutefois, plusieurs entreprises ont tout de même bien fait au Québec en 2008 et présentement, ces compagnies sont aux aguets. Elles attendent de voir l'impact de la crise sur certains acteurs et si des occasions intéressantes se présentent, elles seront prêtes à bondir», explique Mathieu Gauvin, vice-président du groupe de financement d'entreprises chez RSM Richter.

Tous s'entendent tout de même pour dire que la prudence est de mise.

«Jusqu'à dernièrement, il y avait une certaine bulle autour des fusions et acquisitions alimentée par l'accès très facile au crédit. Maintenant, avec le resserrement, le capital est beaucoup plus difficile à aller chercher et les entreprises doivent y penser à deux fois avant de se lancer. Elles doivent avoir des motivations très solides», affirme Louis Hébert, professeur à HEC Montréal et spécialiste des fusions et acquisitions.

Pour sa part, Éric D'Amours, chef, fusions, acquisitions et restructuration chez Towers Perrin, croit que nous assistons actuellement à une véritable chasse aux aubaines! «Les entreprises en bonne situation ciblent celles qui sont en grande difficulté qui pourraient être vendues à bas prix. Toutefois, si les entreprises ont perdu de la valeur, c'est qu'il est évidemment plus risqué de les acheter.»

Mais qui sont ces entreprises en mauvaise position? Celles qui ont beaucoup misé ces dernières années sur les fusions et acquisitions pour assurer leur croissance, affirme M. Hébert. «Ces entreprises sont donc très endettées aujourd'hui et en période de récession, la rentabilité sur l'investissement est moins intéressante. Plusieurs de ces entreprises seront obligées de se départir de certaines activités pour solidifier leur bilan. À l'inverse, les compagnies qui ont été plus prudentes et qui ne sont pratiquement pas endettées pourront maintenant profiter de la crise pour acheter au rabais», explique-t-il.

Des projets modestes

Ce ne devrait donc pas être le calme plat en 2009 dans le domaine des F & A. Toutefois, d'après les experts consultés, il ne faudrait pas s'attendre à voir énormément de gigantesques transactions se réaliser comme on l'a vu dernièrement avec Rio Tinto-Alcan (38 milliards US).

«D'abord, c'est évident que les banques ne cherchent pas à financer des fusions et acquisitions par les temps qui courent. Et les banques ne veulent surtout pas se prêter entre elles, alors que les grandes transactions doivent généralement réunir un consortium de banques», affirme M. Hébert.

«Les transactions de l'ordre de plusieurs dizaines de milliards, on oublie ça pour le moment», affirme également M. Gauvin.

Toutefois, il précise que les banques canadiennes sont encore solides comparativement à celles des États-Unis ou d'Europe. «Les banques canadiennes sont encore réceptives, avec certaines conditions bien sûr, à des transactions de l'ordre de 10 ou 20 millions de dollars.»

Qui achètera qui?

Déjà très actif en 2008, il semble que le domaine des matières premières continuera de faire beaucoup de fusions et acquisitions en 2009.

«Plusieurs compagnies étrangères souhaitent faire des acquisitions dans ce domaine, et le Canada est rempli de matières premières. D'ailleurs, les pays asiatiques et moyen-orientaux ont généralement plus de liquidité actuellement que les pays européens ou les États-Unis, alors ils sont en bonne position pour faire des acquisitions», croit M. D'Amours.

Par contre, dans le secteur financier, le spécialiste croit qu'on risque de voir davantage les entreprises canadiennes magasiner aux États-Unis ou en Europe. «Tout simplement parce que les institutions financières canadiennes ont été beaucoup moins bafouées par la crise.»

Louis Hébert tient toutefois à préciser que tous les marchés et toutes les industries sont touchés par la récession. «C'est donc du cas par cas. Les entreprises fortes en ce moment sont en bonne position pour faire des acquisitions. Celles qui sont endettées essayeront de se sortir du pétrin en demeurant calmes du côté des acquisitions ou devront se départir d'activités. Mais avec le contexte économique actuel, on peut croire que cette année, il y aura beaucoup plus de vendeurs que d'acheteurs sur le marché.»

 




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