L’ancien négociateur de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), qui poursuit l’organisation pour congédiement illégal et dénonce le climat toxique qui y régnait, est l’artisan de ses malheurs, plaide l’association.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

C’est Sylvain Bellavance qui avait réussi à obtenir du gouvernement des hausses salariales importantes à partir de 2007 pour les médecins spécialistes, alors que l’organisation était menée par Gaétan Barrette. MBellavance s’est brouillé avec son employeur après l’arrivée de la présidente actuelle, Diane Francoeur.

Mais auparavant, en liant son salaire à celui des médecins pour lesquels il négociait, l’avocat avait pu faire augmenter sa rémunération annuelle globale au-dessus du demi-million de dollars par année, avec de généreuses vacances.

« Aucune indemnité n’est due au demandeur puisque son contrat d’emploi a pris fin à la date d’expiration de son contrat à durée déterminée », écrit la FMSQ dans sa défense, déposée au palais de justice vendredi. Le document insiste sur les « conditions de travail exceptionnelles » de l’ancien employé, meilleures encore que celles de la présidente.

« C’est le demandeur qui a largement contribué à envenimer le climat de travail au sein de la FMSQ en tentant, de diverses façons, de saper l’autorité de la présidente », continue l’organisation. « En plus de la targuer faussement de harcèlement, le demandeur a tenté à diverses reprises de miner son autorité tant à l’interne que devant des personnes externes à l’organisation qui étaient de proches collaborateurs de la FMSQ. » La poursuite lui reproche aussi d’avoir saboté des rencontres et d’avoir semé la discorde au sein du personnel.

Possible conflit d’intérêts

Contacté par La Presse, M. Bellevance n’a pas voulu commenter le dossier.

Dans sa poursuite déposée cet automne, l’avocat réclame 1,5 million et se dit victime des « comportements abusifs » de Diane Francoeur. Il allègue que le non-renouvellement de son contrat, à l’été 2019, constitue un congédiement illégal.

MBellavance fait valoir que la présidente de la FMSQ avait une « conduite malveillante », « humiliante et abusive envers plusieurs » et un « style de gestion contrôlant ». Il affirme que la majorité des employés de l’organisation l’ont quittée après l’arrivée aux affaires de Diane Francoeur.

La FMSQ rejette cette version des faits. Elle fait valoir que le l’organisation n’avait pas l’obligation d’accorder de nouveau contrat de travail à MBellavance selon les termes qu’il exigeait.

Le document lui reproche aussi d’avoir accepté des mandats d’autres organisations pendant qu’il était employé à temps plein à la FMSQ. Cette dernière souligne notamment que MBellavance a accepté de représenter l’Association des spécialistes en chirurgie buccale et maxillo-faciale du Québec face au gouvernement, « plaçant ainsi le demandeur en situation évidente de conflit d’intérêts » : l’Association voulait que ses membres puissent poser certains actes jusque-là réservés aux médecins spécialistes.