La Clinique 180, qui lutte contre l’obésité infantile, n’a pas reçu le financement du ministère de la Santé qu’elle escomptait. Un revers qui l’oblige à se tourner vers d’autres sources de financement, à défaut de quoi elle devra définitivement fermer ses portes.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Vendredi dernier, la fondatrice des cliniques 180, la Dre Julie St-Pierre, a appris que le gouvernement Legault ne soutiendrait pas financièrement sa clinique de Montréal. « Dans sa forme actuelle, la Clinique 180 ne pourra pas survivre après le 31 décembre », admet-elle en entrevue avec La Presse.

Elle garde tout de même espoir qu’une solution va voir le jour, notamment parce qu’elle a senti que le ministère de la Santé reconnaissait l’importance de la prévention et du traitement de l’obésité et voulait mettre la main à la roue pour lutter contre le fléau. « J’ai bien vu que la cause rejoignait le gouvernement actuel, et ça, c’est une première », évoque Mme Ste-Pierre.

Même si elle ne cache pas qu’elle est « triste » par leur décision de ne pas soutenir financièrement la clinique montréalaise, Mme St-Pierre s’est déjà retroussé les manches pour trouver des solutions.

D’abord, pas question d’abandonner « les centaines de famille » dont la clinique de Montréal s’occupe. Pour y arriver, la Dre St-Pierre est prête à « assumer les frais personnellement comme pédiatre communautaire » pour continuer d’offrir les soins médicaux à ses petits patients.

Tout comme c’est le cas pour la Clinique 180 au Saguenay–Lac-Saint-Jean et celle de Québec, qui font partie de l’offre de services des CIUSSS de leur région, la clinique de Montréal pourrait être intégrée aux services des CISSS et CIUSSS de la métropole. Le ministère de la Santé a d’ailleurs suggéré cette solution alternative à la Dre St-Pierre.

Sauf que si cette transition a lieu, la Dre St-Pierre est d’avis que ça prendra tout de même quelques mois. « Nous cherchons des dons de dernière minute pour arriver à passer à travers les prochains mois », confie-t-elle. Le Réseau d’action en santé cardiovasculaire a aussi cogné à nouveau à la porte du ministère de la Santé pour voir si « malgré son refus de subvention », « un soutien financier pour nous aider à traverser les mois d’intégration dans le réseau de la santé » était possible.

Fermeture de cette clinique ou pas, la Dre Julie St-Pierre poursuivra sa lutte contre l’obésité infantile. Et elle espère que les autorités vont s’attaquer avec autant de force et de vigueur à la « pandémie de l’obésité » qu’à celle de la COVID-19.