Messaoud Herma a écopé d’une radiation de cinq ans pour avoir eu des relations sexuelles avec une patiente vulnérable psychologiquement qui s’était présentée aux urgences pour obtenir de l’aide.

Véronique Lauzon
Véronique Lauzon La Presse

La femme dans la cinquantaine s’était rendue aux urgences de l’hôpital où travaillait le DHerma, en octobre 2018, pour des problèmes d’anxiété, de dépression, d’insomnie et de perte d’appétit.

Tout en lui prescrivant un arrêt de travail de 30 jours et un médicament pour réduire son anxiété, le DHerma a profité de la consultation d’une trentaine de minutes pour lui demander son numéro de téléphone. Il s’en est servi dans les jours suivants pour lui envoyer des messages textes pour « prendre de ses nouvelles » et manifester « son désir de la revoir », lit-on dans la décision du conseil de discipline du Collège des médecins, qui a imposé à M. Herma une période de radiation temporaire de cinq ans et une amende de 7500 $.

Le médecin, qui vivait dans la région de Montréal avec sa conjointe et ses enfants, l’a ensuite invitée dans des restaurants, à sa résidence et à son chalet. En plus d’avoir des relations sexuelles avec elle, il s’est comporté « en homme amoureux », indique la décision. La plaignante a aussi indiqué qu’elle avait développé « des sentiments sincères à son égard » et, en novembre 2018, elle sentait qu’ils étaient « devenus un vrai couple », ajoute le conseil de discipline.

En parallèle, M. Herma a continué d’être son médecin et de lui donner rendez-vous à la clinique où il travaillait, notamment pour l’aider à remplir un formulaire d’invalidité et lui prescrire un examen de tomodensitométrie (scan) et des analyses pour une douleur ressentie.

« L’intimé a abusé de la relation de confiance qu’une patiente a envers son médecin pour entraîner madame dans une relation intime, sans se soucier de son état de vulnérabilité », souligne le conseil de discipline, dans sa décision du 11 novembre 2020.

La relation intime entre ce médecin et sa patiente s’est terminée après les Fêtes, au début du mois de janvier 2019, lorsque la plaignante s’est aperçue que celui qui lui envoyait des « je t’aime » par texto lui mentait. Il était censé être en voyage dans son pays d’origine, en Algérie, mais elle a plutôt constaté qu’il était au Québec, en poste à son travail à la clinique.

Toujours dans la décision, on apprend que la plaignante a rencontré « en urgence » son médecin de famille qui l’a invitée à porter plainte contre le DHerma au Collège des médecins, le 14 janvier 2019. Encore aujourd’hui, note le conseil de discipline, la plaignante est « dévastée par cette relation » et elle croit que le médecin « lui a toujours menti et l’a traitée comme un objet ».

Messaoud Herma a plaidé coupable devant le Conseil et a admis l’entièreté des faits mentionnés par la plaignante, à qui il a également offert ses excuses.

Dans sa décision, le conseil de discipline affirme que le comportement de l’intimé est « inacceptable » et que l’infraction commise est « parmi les plus graves ». « Cette sanction aura également le mérite d’inciter les autres membres de la profession à mettre une barrière définitive à toute relation intime avec leurs patients », conclut le Conseil.