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L'informatisation des dossiers de santé retardée

L'informatisation du réseau de la santé prend du retard. Il faudra encore de... (Photothèque La Presse)

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Photothèque La Presse

L'informatisation du réseau de la santé prend du retard. Il faudra encore de trois à cinq ans avant que le Dossier de santé du Québec (DSQ) soit implanté dans l'ensemble des cliniques et des hôpitaux, a indiqué hier le ministre de la Santé, Yves Bolduc. Le gouvernement avait prévu à l'origine que ce colossal système informatique serait en place dès 2010.

«Avant que ce soit généralisé, ça va prendre encore de trois à cinq ans, a indiqué le ministre Bolduc après une allocution devant l'Association médicale du Québec. Mais on s'en va vers ça.»

 

Lancé en mai 2007, le DSQ est un ambitieux programme de 562 millions, financé par les gouvernements fédéral et provincial. Il s'agit d'une vaste banque de données qui permettra aux médecins, aux pharmaciens et aux infirmiers d'avoir accès à un éventail d'informations sur les patients. Ils y trouveront, par exemple, leurs derniers résultats d'examens d'imagerie médicale, leurs allergies, ou encore l'historique de leurs prescriptions.

Une version réduite du projet a été implantée il y a près d'un an dans les établissements médicaux de Québec. Mais le projet-pilote n'a pas été étendu aux autres régions aussi rapidement que prévu, explique Loraine Desjardins, directrice de la promotion au bureau du DSQ. On a découvert des problèmes d'affichage et des doublons dans le programme informatique.

Autre pépin, plus long à régler celui-là: plusieurs professionnels n'ont simplement pas acquis le réflexe de s'en servir.

«Tout changement de culture prend cinq à 10 ans, convient Yves Bolduc. On est probablement dans la deuxième ou la troisième année de ce système. Il faut se laisser le temps de faire les choses. On va à la même vitesse que les autres provinces.»

Malgré les délais, le ministre se montre optimiste. Il fait valoir que plusieurs hôpitaux, dont le CHUM et le CHUS, sont informatisés ou en voie de l'être, tout comme plusieurs pharmacies. Et un programme de 500 millions visant à numériser les radiographies de partout au Québec devrait être opérationnel en juin 2010.

L'Association médicale du Québec a demandé vendredi à la province d'en faire davantage pour informatiser les dossiers de santé, estimant que cela permettrait aux médecins de traiter jusqu'à 20% plus de patients. Mais les dirigeants du programme DSQ doutent qu'on puisse accélérer la cadence.

«Ça va être difficile d'aller plus vite», a dit le Dr Claude Poirier, conseiller médical principal du projet.

Il a toutefois bon espoir qu'un nombre grandissant de médecins, intéressés par la perspective d'accéder en un clic de souris à l'historique médical de leurs patients, feront pression pour que leurs établissements implantent le système. «Que ça fasse comme une tache d'huile», illustre le Dr Poirier.

Explosion des coûts?

N'empêche, les délais confirmés hier par le ministre n'augurent rien de bon, d'après le critique du Parti québécois en matière de santé, Bernard Drainville. S'il se dit très favorable à la création d'une banque de données médicales, il craint que les retards n'engendrent une explosion des coûts.

«Ils ne peuvent pas nous dire que le projet va respecter son budget si l'échéancier dépasse de deux à quatre ans», a-t-il affirmé.

Radio-Canada rapportait le mois dernier que le coût total du DSQ pourrait dépasser 800 millions pour les contribuables, un bond de 40% par rapport au budget actuel.

Mais le Dr Poirier assure que le budget sera rigoureusement respecté.

«Jusqu'à maintenant, on gère notre planification budgétaire au cent près, a-t-il assuré. On n'a même pas dépensé la moitié de l'argent qui nous a été alloué. On est surveillés par le vérificateur général, qui est avec nous depuis le début du processus.»

Plusieurs projets d'informatisation menés par les gouvernements se sont transformés en gouffres financiers dans les dernières années. Québec devra notamment payer deux fois plus cher que prévu pour la modernisation de la Commission administrative des régimes de retraite (CARRA), comme le rapportait La Presse à la fin du mois de mars. Et Ottawa n'y échappe pas: le registre des armes à feu devait à l'origine coûter deux millions aux contribuables. La facture a gonflé pour excéder le milliard.

 




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