(Granby) À la veille de la fête nationale des Irlandais, le sort qui attend le « St-Patrick » de Granby est plus incertain que jamais. Après avoir échoué à vendre aux enchères la murale signée Alfred Pellan, le maire Pascal Bonin n’a toujours pas l’intention de revenir sur sa décision et de conserver la mosaïque. L’œuvre pourrait donc être démolie, à moins d’une intervention de dernière minute.

Ugo Giguère, Initiative de journalisme local
La Presse Canadienne

D’ailleurs, d’après des informations obtenues par La Presse Canadienne, le cabinet de la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, suit le dossier avec intérêt. Bien que la Ville de Granby n’ait jamais effectué de démarche officielle pour obtenir l’aide de Québec dans cette affaire, le ministère garde tout de même un œil sur son évolution.

En fin de journée, lundi, l’attaché de presse Louis-Julien Dufresne a confirmé que le cabinet de la ministre Roy « se tient prêt à agir », mais qu’on préfère attendre la tenue d’un nouveau vote du conseil municipal granbyen.

Il semble qu’une nouvelle résolution soit nécessaire pour statuer sur le sort de la murale à la suite de l’échec de la vente. La prochaine réunion publique du conseil est prévue le 22 mars. Il n’a toutefois pas été possible d’obtenir la confirmation que le sujet sera à l’ordre du jour lundi prochain.

Samedi dernier, la murale a été mise aux enchères par l’entremise de la firme montréalaise Iegor. Avec une offre de départ à 5000 $, et malgré une participation record pour une vente en ligne de l’encanteur, aucun acheteur n’a manifesté d’intérêt.

Selon un rapport d’expertise commandé par la Ville de Granby et rédigé par la restauratrice Myriam Lavoie, du Centre de conservation du Québec, les coûts sont estimés à 56 095 $ pour le prélèvement de l’œuvre. Une somme à laquelle il faudrait ajouter, selon elle, entre 50 000 $ et 65 000 $ pour sa restauration. Ces frais devaient être assumés par un éventuel acquéreur.

Trop cher pour le maire

En entrevue lundi matin, le maire Pascal Bonin a maintenu sa position dans le dossier, c’est-à-dire que l’opération de retrait-restauration-entreposage de la murale de céramique s’avère trop onéreuse pour les finances municipales.

« Il faut qu’il y ait une limite financière, il faut que ça fasse du sens », a martelé M. Bonin en ajoutant que c’était le travail du conseil de faire des choix. D’après une évaluation des coûts soumise aux élus par le Bureau de projet de Granby, la facture totale incluant l’entreposage pourrait s’élever à 160 000 $.

« À moins que quelqu’un ne lève la main [pour l’acquérir], l’œuvre devrait être démantelée », a-t-il confirmé en réitérant la complexité que représente la délicate opération d’extraire l’œuvre de la façade du 142, rue Dufferin. L’immeuble bâti en 1958 accueillait à l’origine une école et abrite aujourd’hui les bureaux la MRC de la Haute-Yamaska. Le bâtiment doit être démoli au printemps pour faire place à un nouvel édifice.

Si le principal argument avancé par le maire Bonin pour ne pas protéger l’œuvre d’Alfred Pellan est financier, il admet qu’aucune demande d’aide n’a été formulée auprès du ministère de la Culture et des Communications.

Aux dires de M. Bonin, une telle démarche est fastidieuse et engendre de très longs délais. Du temps dont la Ville ne dispose pas alors que la démolition est prévue dans les prochains mois.