Un investissement de 1,1 million de dollars qui, espère-t-on, ne servira à rien : c’est ce que Québec a annoncé lundi pour éviter aux Madelinots de se retrouver privés de connexion internet et cellulaire si jamais leurs câbles sous-marins faisaient défaut.

Ariane Krol Ariane Krol
La Presse

Le lien micro-onde d’urgence entre l’archipel québécois et l’île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, aura une capacité de transfert de 2,7 gigabits par seconde (Gpbs), a annoncé le député Gilles Bélanger, adjoint parlementaire du premier ministre pour l’internet haute vitesse, en conférence de presse.

C’est suffisant pour maintenir les services essentiels, comme le 911, ainsi que les communications téléphoniques et internet pour la population, « mais je ne pense pas que tous les citoyens des Îles vont pouvoir écouter Netflix ce soir-là », a illustré le député Bélanger.

Ce lien d’urgence vise à éviter que les Madelinots ne soient plongés dans un néant numérique comme cela s’est produit en novembre 2018, lorsque les câbles optiques sous-marins qui relient les Îles à la Gaspésie avaient été mis hors fonction par une violente tempête. L’archipel s’était alors retrouvé sans contact internet ni cellulaire avec le reste du monde durant plusieurs heures.

Québec a investi 700 000 $ alors que Bell, qui possédait déjà les infrastructures de base, a apporté une contribution de 400 000 $ à la mise en place de ce lien, désormais intégré à ses actifs.

« Je n’ai jamais été aussi content d’annoncer un investissement dont on espère qu’il ne servira jamais », a commenté le directeur des affaires gouvernementales chez Bell, Charles Gosselin.

Le risque d’avoir à activer ce lien d’urgence est « pratiquement nul », estime-t-il. Et bien que sa capacité soit moins élevée que celle de la fibre optique, elle permettra tout de même aux Madelinots de continuer le télétravail et l’école à distance, ainsi que de faire des paiements Interac et des transactions bancaires. « Les gens pourraient sans doute continuer à regarder du Netflix, mais pas au plus haut débit », a précisé M. Gosselin.

Le maire des Îles s’est dit « très satisfait de ce lien-là dans la mesure où c’est un lien d’urgence. » Dans une telle situation, « le cadet de nos soucis devrait être de faire du gaming », a souligné Jonathan Lapierre.

Ce lien micro-onde relie les tours de télécommunications du secteur Vigneau, aux Îles, et de Chéticamp, au Cap-Breton, sur une distance de 104 kilomètres. Assurer 2,7 Gbps dans ces conditions est « super impressionnant même si ça ne semble pas l’être quand on compare à de la capacité de fibre optique », a fait valoir le directeur des affaires gouvernementales de Bell. Le lien, qui a fait l’objet de tests depuis le mois d’octobre, « fonctionne bien », a ajouté M. Gosselin.

Par ailleurs, les quelque 307 foyers des Îles qui n’ont toujours pas accès à l’internet à haute vitesse font actuellement l’objet de négociations entre Québec et Cogeco, a indiqué le député Bélanger, en assurant qu’ils seront desservis au printemps.