(Asbestos) Au revoir Asbestos, bienvenue à Val-des-Sources ! La ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, a approuvé le changement de nom de la petite ville de l’Estrie, refusant du même coup la demande de référendum formulée par des citoyens.

Ugo Giguère
La Presse Canadienne

Le changement est effectif immédiatement, à l’exception des systèmes automatisés de commandes en ligne, a précisé la municipalité par voie de communiqué.

Postes Canada a besoin d’un délai jusqu’au 19 avril 2021 pour effectuer les modifications nécessaires à son système.

« Je n’ai pas essayé ce matin, mais si vous appelez à l’hôtel de ville, ça devrait répondre "Ville de Val-des-Sources" », a assuré le maire Hugues Grimard, en entrevue à La Presse Canadienne, jeudi matin.

Vérification faite, c’est effectivement le cas.

Le changement a aussi été effectué sur les pages web et les comptes de réseaux sociaux de la municipalité. La transformation visuelle des panneaux d’affichages et autres identifications publiques devrait débuter en janvier.

Tel qu’annoncé mercredi par La Presse Canadienne, la ministre a fait part de sa décision à la municipalité en cours de journée. Sa décision, réputée finale en vertu de la Loi sur l’organisation territoriale municipale, vient confirmer le choix de la population lors d’un scrutin tenu en octobre dernier.

Le maire Hugues Grimard avait annoncé le 19 octobre que le nom Val-des-Sources avait récolté 51,5 % des voix après trois tours d’un scrutin préférentiel auquel ont participé 2796 citoyens âgés de 14 ans et plus et propriétaires, soit presque un électeur sur deux.

Selon M. Grimard, ce changement de nom fait partie du débat public au sein de la communauté depuis des décennies et il était temps d’aller de l’avant pour le développement économique de la région.

La démarche du conseil municipal d’Asbestos visait à se détacher du stigmate de l’amiante, désignée en anglais par le mot « asbestos ». L’histoire de la ville est étroitement liée à l’exploitation de ce minerai aujourd’hui considéré comme une substance toxique.

La simple évocation du nom « Asbestos » avait pour effet de faire fuir de potentiels investisseurs cherchant à s’implanter dans la ville.

« Il y a des usines qui ont refusé de venir à cause du nom, affirme le maire. Quand on faisait de la promotion à l’extérieur, des gens refusaient de prendre notre carte d’affaires. »

Hugues Grimard soutient que tous les citoyens qui ont voyagé à l’étranger ont des anecdotes du genre à raconter. « Il ne faut pas se leurrer, la phobie mondiale de l’amiante… c’est mondial », renchérit-il.

Opposition citoyenne

Des opposants au changement de toponymie avaient récolté environ 1000 signatures dans une pétition demandant la tenue d’un référendum sur l’idée même de renommer la municipalité.

L’initiateur de la démarche, Jeff Therrien, expliquait à l’époque que le maire avait donné une « illusion de pouvoir » à ses concitoyens en leur offrant de choisir un nouveau nom sans vérifier au préalable si la population souhaitait changer le nom de leur ville.

Selon la loi, les citoyens disposaient de 30 jours après la publication d’un avis dans un média local-ce qui a été fait le 28 octobre, selon la municipalité-pour communiquer par écrit leur opposition à la ministre.

Leur demande n’aura finalement pas été entendue. Pour le maire Hugues Grimard, il est normal que ce changement entraîne une réaction émotive au sein de la population.

« On fait juste le changement d’une rue et ça crée des remous. Là, on change l’appellation pour toute une communauté, c’est encore plus dramatique pour certains », reconnaît-il.

Les citoyens vont recevoir un guide sur la procédure de changement d’adresse. La population dispose d’une période de 12 mois de renvoi de courrier gratuit afin de leur donner le temps nécessaire pour modifier leur adresse auprès de tous leurs correspondants.

La modification sera effectuée automatiquement chez Hydro-Québec, Bell, Telus, Vidéotron, la Régie de l’assurance maladie du Québec et la Société de l’assurance automobile du Québec.

Texte de l’Initiative de journalisme local