(Amos) L’un des symboles les plus renommés de l’Abitibi-Témiscamingue, la cathédrale Sainte-Thérèse-d’Avila, d’Amos, aura droit à une cure de rajeunissement. Pour ce faire, le ministère de la Culture et des Communications du Québec a annoncé mardi matin une aide de 600 000 $ pour appuyer le projet de restauration.

Michel Ducas, de l'Initiative de journalisme local
La Presse canadienne

« C’est un véritable joyau non seulement pour Amos, mais pour toute la région, a lancé la députée d’Abitibi-Ouest, Suzanne Blais. J’ai à cœur cette église depuis plusieurs années, tout comme plusieurs résidants d’Amos et d’ailleurs en région. »

Selon la plupart des intervenants rencontrés sur place, la cathédrale de style byzantin a « besoin d’amour ». « Il y a plusieurs infiltrations d’eau, au niveau de la coupole et aussi autour de plusieurs fenêtres, indique le président de la fabrique de la paroisse Sainte-Thérèse. Il y a aussi de la maçonnerie et du travail au niveau des portes d’accès. »

La ministre Nathalie Roy elle-même s’est déplacée à Amos pour venir constater l’état des lieux. « J’ai été impressionnée du fait qu’elle soit venue à Amos pour voir la cathédrale », a lancé Suzanne Blais.

« 600 000 $ sur une enveloppe totale de 15 m$, c’est un gros morceau pour une région comme la nôtre, a ajouté son collègue et ministre régional, Pierre Dufour. Cet argent n’est qu’un début, ou devrais-je dire une suite au travail à faire. » Au total, Québec a débloqué une enveloppe de 15 m$, pour la restauration de 62 bâtiments et trois orgues à travers tout le Québec.

Un centenaire qui approche

La cathédrale Sainte-Thérèse-d’Avila a été la première grande église à être érigée en Abitibi-Témiscamingue. Les premiers colons devaient se contenter d’édifices de culte de fortune, construits en bois rond. Elle a été inaugurée officiellement en 1923. « On aimerait bien que les travaux soient terminés à temps pour le centenaire, mais il y a tellement de travail que je doute que nous y arrivions », a déclaré le président de la fabrique Sainte-Thérèse.

Au total, on prévoit des investissements de l’ordre de 6 m$, dont 1,7 m$ qui provient du Fonds Héritage. « Les travaux risquent de se faire par phases, puisque les sommes annoncées sont des engagements, précise Pierre Roch. On n’a pas 6 m$ dans notre compte bancaire, les octrois se feront graduellement. »

Autant la fabrique que les députés présents conviennent que ce bâtiment a beaucoup plus une valeur patrimoniale que religieuse. D’ailleurs, le bâtiment pourrait devenir, à terme, une salle de spectacles ou servir à d’autres fins. « La pratique religieuse est en déclin, les paroissiens vieillissent, et la COVID n’a vraiment pas aidé les choses, de dire Pierre Roch. Nous réfléchissons donc à la possibilité de tenir des concerts. On a même un ingénieur en son et lumières qui s’est installé à Amos, et qui fait des spectacles partout au Québec. Ce serait à considérer. » La députée Suzanne Blais abonde dans le même sens : « Il faut évaluer une nouvelle formule, dit-elle. Le bâtiment pourrait avoir une deuxième vocation. Je crois que ce serait fort important pour assurer sa pérennité. »

La cathédrale Sainte-Thérèse-d’Avila compte 900 places assises au parterre. Cependant, dans ses grandes années, elle pouvait accueillir jusqu’à 1300 fidèles. « On ouvrait les jubés sur les côtés, rappelle Pierre Roch. Aujourd’hui, on est obligés de condamner des bancs, et on ne peut accueillir que 130 personnes, à cause de la pandémie. » Pierre Dufour, quant à lui, parle d’un devoir de mémoire. « En finançant la rénovation (de la cathédrale), nous posons un geste de reconnaissance envers l’héritage culturel de l’Abitibi-Témiscamingue. Avec les travaux de restauration de la cathédrale, les générations futures pourront se souvenir et surtout apprécier la grandeur de ce monument régional. »