La Fonderie Horne a déposé dimanche, son plan d’action afin de réduire l’exposition à l’arsenic des résidants de Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue.

La Presse canadienne

À l’automne dernier, le gouvernement provincial avait lancé un ultimatum à la fonderie pour qu’elle propose « des actions supplémentaires à court terme afin de réduire l’exposition à l’arsenic des résidants du quartier Notre-Dame » après un rapport préoccupant de la Direction de santé publique de l’Abitibi-Témiscamingue.

Le plan de la Fonderie Horne n’a pas été rendu public dans l’immédiat, mais le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, M. Benoit Charette, a indiqué dimanche qu’il avait bien reçu le rapport :

« Ce plan d’action ainsi que les pistes de solutions qui y sont proposées seront maintenant analysés avec rigueur par le comité interministériel mis en place le 1er novembre 2019. Le gouvernement du Québec sera en mesure de commenter ce plan d’action au terme de ce processus d’analyse », s’est contenté d’écrire le ministre, dans un communiqué.

Le quartier Notre-Dame, à Rouyn-Noranda, se trouve à seulement une centaine de mètres des installations de Glencore Fonderie Horne. Une étude de biosurveillance réalisée en 2018 par la Direction de santé publique locale a constaté que l’exposition à l’arsenic des enfants du quartier âgés entre neuf mois et moins de six ans était 3,7 fois supérieure à celle d’une population comparable dans la ville d’Amos.

La moyenne géométrique (qui permet notamment de mesurer des taux moyens) était de 110 ng/g d’ongle d’arsenic à Amos, mais de 420 ng/g dans le quartier Notre-Dame.

Risque de cancer

L’arsenic est une substance cancérigène qui augmente notamment les risques de cancer de la peau et des poumons. Il est partiellement éliminé par l’urine, mais les dommages perdurent et s’accumulent avec le temps.

Selon des chiffres dévoilés l’été dernier par Émilise Lessard-Therrien, la députée solidaire de Rouyn-Noranda – Témiscamingue, le ministère québécois de l’Environnement aurait fixé la cible d’émissions de la fonderie à 200 nanogrammes par mètre cube d’air (200 ng/m3) en 2007, même si la norme nationale a été fixée à 3 ng/m3 en 2011.

Donc le ministère de l’Environnement du Québec autoriserait la fonderie à émettre jusqu’à 67 fois plus d’arsenic dans l’air que la norme prévue en 2011.