(Québec) Une erreur humaine est à l’origine de l’incident survenu mercredi à la traverse Matane-Baie-Comeau-Godbout, a commenté jeudi le ministre des Transports, François Bonnardel.

Jocelyne Richer
La Presse canadienne

Cet incident, qualifié de « mineur » par ce dernier, s’ajoute cependant à toute une série de déconvenues qui viennent perturber depuis des mois la circulation entre les deux rives du fleuve, en vue de permettre à ceux qui le désirent de relier le Bas-Saint-Laurent et la Côte-Nord.

« La saga malheureuse » de la traverse de Matane se poursuit, a commenté le ministre en mêlée de presse, jeudi, disant malgré tout chercher « à redorer le blason » de la Société des traversiers du Québec (STQ), malmenée ces derniers mois par les déboires successifs du traversier F.-A.-Gauthier et du navire Apollo.

Mercredi, c’était au tour du traversier Saaremaa I, qui a été endommagé après avoir accosté à Godbout, sur la Côte-Nord, un scénario semblable à ce qui s’est produit dans le passé, à plusieurs reprises, avec les traversiers précédents.

L’incident de mercredi n’a fait aucun blessé, mais a forcé les autorités à détourner le trafic vers Baie-Comeau pour un temps indéterminé.

Toutes les traversées à l’aller comme au retour ont dû être annulées.

C’est un « manque de communication entre le capitaine et l’officier » qui a causé l’incident, a expliqué le ministre Bonnardel, disant ignorer pour l’instant l’étendue des dégâts et le coût des réparations à venir.

Le ministre a qualifié la situation d’« impardonnable ».

Avant le Saaremaa I, il y avait eu l’Apollo.

Dans un passé récent, le navire Apollo, un vieux navire payé 2 millions qui devait prendre la relève du F.-A.-Gauthier, avait lui aussi à deux reprises frappé le quai de Godbout, avant d’être retiré de l’eau après seulement un mois de service.

Et avant l’Apollo, il y avait eu le F.-A.-Gauthier.

Acquis au coût de 175 millions, le navire, qui devait au départ coûter beaucoup moins cher, a été mis hors service en décembre dernier, en raison de vices de construction majeurs, après moins de quatre ans de service.

La semaine dernière, le gouvernement demandait à la vérificatrice générale de faire enquête sur les vices de construction associés au traversier F.-A.-Gauthier.

Le chef péquiste par intérim, Pascal Bérubé, qui est aussi député de Matane, a dit juger la situation « exaspérante ».

Il demande au gouvernement de préparer un plan visant à dédommager les gens qui ne peuvent plus utiliser le traversier.