Le maire de Laval Marc Demers vient d'annoncer la nomination du conseiller municipal Stéphane Boyer à la vice-présidence du comité exécutif en remplacement de David De Cotis expulsé hier pour «bris de confiance».

Publié le 7 juin 2018
Kathleen Lévesque LA PRESSE

M. De Cotis est en tête d'un mouvement de fronde qui a fait perdre au maire Demers la majorité au conseil municipal. Douze des 21 élus lavallois forment un groupe de dissidents. On y compte 10 conseillers municipaux du parti du maire, le Mouvement Lavallois, et les deux conseillers municipaux de l'opposition.

Pour M. Boyer, il s'agit d'une promotion au sein de l'exécutif où il siégeait déjà. Tout au long de la campagne électorale, M. Boyer a accompagné le maire Demers dans ses activités partisanes apparaissant même comme son dauphin.

Marc Demers a également ouvert la porte de l'exécutif à Ray Khalil. C'est d'ailleurs à lui que M. Demers a confié, plus tôt aujourd'hui, la tâche de tenter de ramener au bercail les élus dissidents du Mouvement Lavallois. 

A 8h ce matin, le maire Demers a été mis en minorité au conseil municipal puisqu'un douzième conseiller municipal, Aram Elagoz, s'est joint au groupe de M. De Cotis. Avant que ne soit ouverte l'assemblée, M. Elagoz a été convoqué au bureau du maire, mais rapidement, il est revenu s'asseoir dans la salle du conseil pour remplir ses obligations d'élu.

Pour une deuxième journée consécutive, le maire Demers et les conseillers municipaux qui lui sont fidèles n'ont pas assisté pas à l'assemblée du conseil municipal. En lieu et place, M. Demers a demandé, par voie de communiqué, une rencontre de tous les élus de son caucus en présence d'un médiateur, la semaine prochaine.

Pendant ce temps, le groupe des douze a poursuivi l'assemblée, adoptant l'une après l'autre des propositions et des avis de motion. Ainsi, la composition du conseil d'administration de la Société de transport de Laval (STL) a été profondément modifiée pour laisser place aux élus dissidents; M. De Cotis reprend ainsi la présidence que lui avait enlevée M. Demers. La même chose a été faite pour le conseil d'administration de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et ses différents comités.

En vertu de la Loi sur les cités et villes, ces résolutions devront toutefois être approuvées par le maire dans les 96 heures qui suivent. Si M. Demers ne donne pas son aval à ces changements, les propositions devront être soumises au vote du conseil municipal lors de la séance suivante et deviendront ainsi valides le cas échéant.

Par ailleurs, le conseil municipal a adopté à l'unanimité un avis de motion très important remettant entre les mains du conseil municipal la nomination des membres de tous les comités. Jusqu'à maintenant, c'est le comité exécutif, sous le contrôle du maire, qui avait la prérogative de nommer qui il voulait. La réglementation municipale devra être modifiée lors d'une prochaine séance du conseil.