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Saint-Constant: le maire visé par une enquête de l'escouade Marteau

Vue extérieure des travaux de construction de la... (Photo: Bernard Brault, La Presse)

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Vue extérieure des travaux de construction de la bibliothèque de St-Constant.

Photo: Bernard Brault, La Presse

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Le monde municipal en crise

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Le monde municipal en crise

Des allégations de pratiques douteuses et de corruption placent le monde municipal québécois dans la tourmente. »

L'Unité permanente anticorruption (UPAC) a ouvert une enquête pour «abus de confiance» concernant l'administration du maire de Saint-Constant, qui était déjà dans la ligne de mire du Directeur général des élections et du ministère des Affaires municipales.

Selon nos informations, les policiers de l'escouade Marteau, placés sous la houlette de l'UPAC, ont ouvert un dossier après avoir rencontré pendant plusieurs heures des dénonciateurs de la petite municipalité de la Rive-Sud.

La porte-parole de l'UPAC, Anne-Frédérick Laurence, s'est refusée à tout commentaire sur le dossier UPAC-20 111 021-044. Impossible de préciser ce que les policiers entendent par «abus de confiance».

Mais un sujet que les enquêteurs ont suivi à distance est celui des infractions reprochées au maire Gilles Pepin par le directeur général des élections du Québec (DGEQ).

Deux constats d'infraction

Gilles Pepin a reçu deux constats d'infraction cette année pour avoir aidé un citoyen à faire un don à son parti «autrement que sur ses propres biens» et pour avoir collecté de l'argent lui-même, une tâche réservée à l'agent officiel.  

Son fils Danny Pepin, agent officiel du parti, a reçu deux constats pour avoir remis des rapports de dépenses incomplets. Le père et le fils contestent ces infractions en cour.

Déjà, en 2007, la Cour supérieure avait annulé l'élection du maire et celle de ses conseillers parce que son parti avait dépassé de 40% le maximum de dépenses autorisé. M. Pepin avait réussi à se faire réélire lors d'une élection partielle en 2008 et aux élections générales qui ont suivi, en 2009.

Cette semaine, La Presse a révélé que deux conseillers municipaux, une ex-députée et plusieurs anciens militants ont signé des déclarations accusant le parti de Gilles Pepin d'avoir inventé de fausses activités de financement camouflant des entrées d'argent occulte.

Bibliothèque controversée

Autre dossier dont l'UPAC a été informée: celui de l'aménagement d'une nouvelle bibliothèque chez un promoteur privé. Saint-Constant a reçu en septembre une tape sur les doigts du ministère des Affaires municipales à ce sujet. Le Ministère s'était dit «perplexe» quant au procédé utilisé pour déménager la bibliothèque dans le centre commercial de l'homme d'affaires Peter Veres.

En 2010, 866 citoyens avaient signé un registre pour s'opposer au projet du maire de signer un bail de 25 ans pour y reloger la bibliothèque. Devant cette fronde, et afin de ne pas devoir organiser un référendum, le maire a décidé de réduire à cinq ans la durée du bail, soustrayant du coup le projet à l'autorité de Québec. La municipalité paiera un loyer de plusieurs millions sur cinq ans pour une bibliothèque dont elle ne sera jamais propriétaire.

La séquence des événements, l'ampleur de l'investissement de la Ville et l'effet de levier visé par ce projet nous rendent perplexes quant à la durée du bail conclu avec [le promoteur]. Si l'intention réelle de la Ville est une location de plus de cinq ans, il faudrait soumettre au Ministère un projet [...] pour autorisation», avait alors écrit le Ministère.

La porte-parole du ministère, Émilie Lord, confirme que «des vérifications sont toujours en cours sur l'octroi des contrats et d'autres aspects de l'administration municipale», à Saint-Constant. Les vérificateurs qui y travaillent relèvent eux aussi de l'UPAC.

Le maire furieux

Furieux, le maire Pepin a assuré hier qu'il n'avait jamais entendu parler d'une enquête de l'UPAC.

Je suis le maire d'une ville. Ils auraient pu avoir la décence de venir me le dire! Que ce soit l'Unité-je-ne-sais-pas-quoi ou Marteau, voyons donc, à ma connaissance, aucun employé n'a été rencontré», dit-il.

Il dénonce les accusations «loufoques» d'opposants «qui cherchent à déstabiliser la population» et assure que ses livres demeurent ouverts aux enquêteurs. Quant au DGEQ: «Je commence à me dire: qu'ils me lâchent un peu, ça frise l'acharnement», s'exclame-t-il.

Le maire espère que «l'excellente santé financière de la Ville» et «le milliard de nouveaux investissements» décidé sous son règne convaincront les électeurs de lui faire confiance. La municipalité de 25 000 habitants connaît effectivement un boom de construction.




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