En dépit des tuiles qui se sont abattues sur la tête du gouvernement Charest récemment, le Parti québécois ne parvient pas à distancer les libéraux. Jean Charest et Pauline Marois, tout comme leurs partis, sont encore au coude à coude dans l'opinion publique.

Denis Lessard LA PRESSE

C'est ce qui ressort du plus récent sondage CROP réalisé pour La Presse. L'enquête menée auprès de 1001 personnes, du 14 au 24 mai, est précise à trois points près.

Le constat le plus percutant de CROP porte sur l'ADQ. Les militants adéquistes qui se réunissent à Québec en fin de semaine pour discuter des règles de la course pour remplacer Mario Dumont doivent composer avec un constat troublant: pas moins de 40% des électeurs pensent que le parti ne survivra pas au départ de son chef fondateur. Quarante-huit pour cent pensent qu'il survivra, une confiance qu'on trouve surtout chez les adéquistes, 73%, et les gens de la région de Québec, 56%.

Analyste de CROP, Maïalène Wilkins constate surtout que le parti de Pauline Marois ne réussit pas à prendre clairement les devants, et qu'il n'y a pas de tendance qui se dégage depuis trois mois. «Les problèmes des FIER, la commission sur la Caisse de dépôt, la situation économique, le débat sur l'éthique ou le port du voile, il semble que rien n'a terni la cote du gouvernement», observe-t-elle.

Ainsi, l'insatisfaction à l'endroit du gouvernement est en hausse à 52%, une augmentation de 2%, en deçà de la marge d'erreur. Après répartition proportionnelle des 16% d'indécis, le PQ récolte 38%, deux points de moins qu'il y a un mois, le PLQ descend d'un point à 37% et l'ADQ grimpe d'un palier, à 9%. Non seulement tous ces changements sont-ils trop faibles pour être significatifs, mais l'écart entre les deux principaux partis est trop mince pour tirer une conclusion. Québec solidaire ne bouge guère, à 7%, tout près des Verts à 8%.

Le PQ ne parvient pas à capitaliser sur les problèmes du gouvernement Charest. Même la chef, Pauline Marois, se trouve ex aequo avec Jean Charest, à 38%, quand on demande lequel des deux ferait le meilleur premier ministre.

Mais avec 16 points d'avance chez les électeurs francophones - 45% contre 29% aux libéraux -, le PQ aurait tout de même remporté les élections si elles avaient eu lieu cette semaine, observe Mme Wilkins.

Les libéraux conservent leur avance dans l'île de Montréal, à 43% contre 33% pour le PQ. À Québec, les libéraux sont aussi en avance avec 39% contre 28% aux péquistes, mais dans la capitale, les adéquistes brouillent les cartes avec 21% d'appuis. Ailleurs en région, le PQ domine avec 46% des intentions de vote contre 30% aux libéraux, laissant l'ADQ avec 9%, un point seulement devant Québec solidaire et les Verts.

Quant à la souveraineté du Québec, elle piétine aussi: actuellement, 42% des gens s'y disent favorables contre 58% qui se disent en faveur du statu quo.