Le premier ministre Jean Charest n'est nullement offusqué de voir cinq sociétés d'État dépenser des sommes considérables pour la location de loges au Centre Bell.

LA PRESSE CANADIENNE

M. Charest estime, d'une part, que c'est aux sociétés d'État à gérer leurs budgets de promotion comme elles le jugent approprié.D'autre part, le premier ministre a tenu à rappeler que cette location, qui remonte aux années 1990 lors de la construction de l'amphithéâtre, représentait une forme d'aide gouvernementale indirecte dans un contexte économique difficile.

M. Charest souligne que le maintien de ces dépenses s'inscrit aujourd'hui dans des politiques de promotion et d'entretien de liens avec des clients, politiques qui sont révisées régulièrement.

La Société Radio-Canada révélait lundi que cinq sociétés d'État québécoises dépensent chaque année plus d'un million de dollars pour la location d'une ou plusieurs loges au Centre Bell.

Ainsi, depuis l'ouverture en 1996 de l'amphithéâtre nommé à l'époque Centre Molson, Loto-Québec, Hydro-Québec, la Société des alcools du Québec, la Caisse de dépôt et placement et la Société générale de financement ont dépensé ensemble près de 10 millions $.

Une spécialiste en éthique de l'Université Laval interviewée par la SRC a qualifié ces dépenses d'extravagantes et s'interroge quant à leur nécessité.

Depuis 1996, Loto-Québec a dépensé plus de 4 millions $ pour deux loges, selon les chiffres obtenus par Radio-Canada. Hydro-Québec a déboursé 2 millions $ pour une loge, qu'elle dit partager avec des organismes communautaires. La SAQ et la Caisse de dépôt et placement ont chacune dépensé 1,5 million $, tandis que la Société générale de financement a payé 395 000 $.

Les porte-parole des sociétés d'État ont affirmé à Radio-Canada que ces loges sont utilisées dans un objectif de développement des affaires.