«On travaillait avec elle hier. Je n'ai pas dormi de la nuit», murmure, la gorge nouée, une collègue de travail de Jinane Ghannoum, victime hier après-midi d'un drame conjugal qui secoue Laval.

Hugo Meunier LA PRESSE

Le retour au travail est brutal ce matin pour une centaine d'employés de la caisse populaire Desjardins du Marigot, située sur le boulevard de la Concorde. Tous pleuraient Jinane Ghannoum, décrite comme une femme de coeur et très appréciée de ses collègues.

L'employée du soutien à la clientèle de 38 ans a été abattue par son ex-conjoint Mahboub El-Hage, hier dans leur maison de Laval.

L'homme de 57 ans a ensuite retourné l'arme contre lui-même.

C'est l'aîné des trois enfants du couple qui a retrouvé ses parents sans vie dans leur résidence d'un quartier tranquille de Laval-des-Rapides. M. El-Hage n'habitait plus avec sa famille depuis la rupture du couple en août dernier.

À leur arrivée au travail ce matin, plusieurs collègues de Jinane Ghannoum étaient en larmes, se tenaient par la main et s'enlaçaient.

À l'intérieur de la caisse populaire, l'ambiance était lourde.

Le directeur de la caisse, Gilles Aubé, explique que ses employés souhaitent vivre leur deuil ensemble, loin des projecteurs. «Ils sont très tristes. Les gens sont tissés serrés ici», souligne M. Aubé.

Mme Ghannoum occupait son poste depuis quelques années. La tragédie a pris tout le monde par surprise. «Elle travaillait hier et tout allait bien», ajoute le directeur.

Des démarches ont déjà été faites par la caisse pour apporter un soutien psychologique aux employés. «Comme dans une famille, on va essayer de se rapprocher», résume Gilles Aubé.