Les enquêteurs qui examinent l'épave de l'hélicoptère Sikorsky qui s'est abîmé en mer au large des côtes de Terre-Neuve-et-Labrador, la semaine dernière, ont annoncé vendredi qu'ils ont trouvé une pièce brisée qui pourrait expliquer la cause de l'accident qui a fait 17 morts parmi les 18 personnes qui se trouvaient à bord.

LA PRESSE CANADIENNE

Les autorités du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) ont rapporté avoir trouvé un goujon de fixation brisé sur la cuve de filtre de la boîte de vitesse principale de l'appareil S-92. La pièce avait d'ailleurs fait l'objet d'un bulletin de service publié par la compagnie Sikorsky Aircraft.

La perte du goujon de titane pourrait avoir occasionné une perte de pression d'huile, et éventuellement une perte de contrôle de l'appareil, selon ce qu'a affirmé l'enquêteur en charge du dossier, Mike Cunningham. Quoiqu'il s'agisse d'une information très importante, cette possibilité demeure toutefois pour le moment une hypothèse, a-t-il souligné.

M. Cunningham a également allégué que la Federal Aviation Administration (FAA) des Etats-Unis distribuera une consigne de navigabilité d'urgence, ordonnant à tous les exploitants d'hélicoptères de modèle Sikorsky S-92 de maintenir leurs flottes à terre jusqu'à ce que les goujons de fixation en titane aient été remplacés par des pièces en acier.

Une porte-parole de la FAA, Laura Brown, a cependant répliqué, depuis Washington, que l'organisme étudie toujours les conclusions du BST et qu'aucune consigne n'a été émise pour le moment.

La compagnie Sikorsky avait publié un bulletin de service le 28 janvier indiquant que les goujons devraient être remplacés, et ce, d'ici 1250 heures de vols ou un an après l'envoi de l'avertissement.

Un porte-parole de l'entreprise, Paul Jackson, n'a pas voulu commenter la découverte du BST ou la raison de la publication du bulletin par Sikorsky. Il a simplement affirmé que l'entreprise s'assurait que ses exploitants sont bien informés des mesures qu'ils devraient prendre.

M. Cunningham a par ailleurs également souligné que le goujon aurait pu être brisé au moment de l'impact ou lors de l'opération de récupération. Il a ajouté qu'il avait averti la FAA en raison du bulletin de service publié par Sikorsky.