Une intervention pour une alerte incendie dans un espace commercial lavallois a mené à la découverte d'une véritable usine à marijuana, hier matin, dans un secteur industriel de Vimont.

Hugo Meunier LA PRESSE

Les policiers lavallois ont ainsi saisi environ 2000 plants de marijuana, un coup de filet aussi important qu'inattendu.

Tout a commencé autour de 9h, lorsque les pompiers ont été appelés au 1490, boulevard Dagenais, à l'intérieur d'un des nombreux entrepôts de cet immeuble commercial.

Une machine de cette entreprise de plastique surchauffait et de la fumée s'échappait de l'endroit. L'intervention a forcé l'évacuation des employés des commerces voisins.

Les pompiers ont rapidement maîtrisé la situation. Par précaution, ils ont entrepris d'inspecter le local voisin.

Un bureau dans l'entrée, une cuisine, une chambre équipée: tout semblait normal à première vue derrière cette porte dépourvue d'enseigne commerciale et couverte de papier noir.

C'est en fouillant derrière une rangée de casiers que les sapeurs ont découvert le pot aux roses. Une échelle dissimulée menait au grenier, converti en serre hydroponique ultrasophistiquée.

Outre les centaines de plants de marijuana, dont plusieurs hauts d'au moins cinq pieds, une dizaine de lits de camp étaient aussi éparpillés sur place.

Selon les policiers, ces matelas de fortune étaient sans doute utilisés par les gens qui montaient la garde.

Des plants poussaient également sur une mezzanine aménagée au-dessus du grenier. La plantation d'envergure abritait des réservoirs d'eau chaude, des chariots élévateurs, une salle pour couper la marijuana et un système de surveillance sophistiqué.

Personne n'était sur les lieux lorsque les policiers ont débarqué.

Le propriétaire des lieux aurait affirmé ne pas être au courant des activités illégales qui s'y déroulaient.

Pour l'heure, les enquêteurs tenteront de savoir qui se servait de l'endroit comme couverture à la plantation illégale de marijuana. «L'enquête va déterminer si les responsables sont liés au crime organisé. Une chose est sûre, ils étaient bien organisés», a souligné Franco Di Genova, de la police de Laval.

Après vérification, même l'ordinateur situé dans l'entrée était une mise en scène, puisque l'écran n'était relié à rien.

Les employées des commerces voisins ignoraient tout au sujet de cette plantation. «C'était toujours noir, on ne voyait personne. C'est industriel ici, alors on ne regarde pas ce qui se passe à côté», a souligné l'employée d'une entreprise de climatisation. «Il y a beaucoup de va-et-vient ici, avec les livraisons et les clients», a ajouté Mélanie Larouche, employée d'une autre entreprise.