Les écoles tiennent la police de Montréal occupée. Plus de 16 500 vérifications d'antécédents judiciaires ont été faites par le SPVM à la demande des commissions scolaires et collèges privés de son territoire depuis juin 2006.

Marie Allard LA PRESSE

Au secteur public, 815 des 10 965 enquêtes - soit 7,4% - ont révélé un antécédent judiciaire. Au privé, 328 des 5554 enquêtes - soit 5,9% - en ont révélé. «Ça comprend toutes les infractions pénales et criminelles et toutes les causes pendantes, a expliqué Sylvie Bujold, chef de section au SPVM. C'est la commission scolaire ou l'école privée qui fait l'analyse du lien avec l'emploi.»

 

La Presse a contacté sept commissions scolaires de la région de Montréal pour faire le point sur la vérification des antécédents judiciaires. À la Commission scolaire de Montréal, «il y a environ 350 employés qui possèdent des antécédents judiciaires» sur 17 000, a indiqué Alain Perron, porte-parole de la CSDM. Seuls les antécédents de cinq d'entre eux ont été jugés en lien avec leur fonction. «Il y a eu deux cas où on en a informé la ministre de l'Éducation et trois autres dossiers sont étudiés à l'interne», a-t-il précisé.

Deux bénévoles écartés à Marguerite-Bourgeoys

À la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, (ouest de l'île de Montréal) la vérification des antécédents des 7000 employés n'est pas terminée. L'examen du passé des 301 bénévoles est toutefois terminé, ce qui a révélé 11 cas d'antécédents judiciaires, dont deux jugés incompatibles avec leur rôle de bénévole. «Ces personnes n'ont pas été engagées comme bénévoles», a précisé Brigitte Léonard, porte-parole de la CSMB.

La commission scolaire des Patriotes, de Saint-Bruno-de-Montarville, a procédé à 5876 vérifications. En excluant les infractions au Code de la sécurité routière, seuls neuf cas d'antécédents judiciaires ont été trouvés. Ils ont tous été jugés sans lien avec la fonction des personnes concernées.

La commission scolaire Marie-Victorin, de Longueuil, a achevé à 95% ses vérifications, mais a refusé de donner le nombre de cas litigieux. «On a un malaise avec cette question», a dit Catherine Giroux, porte-parole de la CSMV.

«Nous n'avons pas de statistiques à cet effet», a indiqué Christiane St-Onge, secrétaire générale de la commission scolaire de la Pointe-de-l'Île, qui couvre l'est de Montréal. Enfin, les commissions scolaires de Laval et de la Seigneurie-des-Mille-Îles (Saint-Eustache) ont dit avoir besoin de davantage de temps pour répondre à notre requête, envoyée le 12 mars.