Le prochain commissaire à la santé et au bien-être pourra prendre en considération des aspects économiques des décisions gouvernementales en santé, a appris La Presse. Un nouveau commissaire devrait être choisi avant l'été à la suite d'un processus que lance aujourd'hui la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann.

DENIS LESSARD LA PRESSE

En campagne électorale, la Coalition avenir Québec s'était engagée à nommer un commissaire à la santé et au bien-être - le ministre libéral Gaétan Barrette avait mis un terme au mandat du précédent commissaire, Robert Salois, très critique à l'endroit des décisions du ministre. Le commissaire à la santé et au bien-être est un observateur indépendant qui doit émettre des recommandations pour améliorer l'accessibilité et la qualité des services offerts aux usagers.

Le commissaire avait été destitué, le poste était resté vacant, mais deux ans plus tard, un peu avant les élections, le gouvernement Couillard avait amendé un projet de loi pour finalement assurer la pérennité de cette fonction. Lors de l'abolition annoncée par M. Barrette, le commissaire en fonction à l'époque, M. Salois, avait souligné que le gouvernement se privait « d'un regard critique et neutre pour éclairer la prise de décisions ». Il commettait ainsi une « erreur du point de vue d'une gouvernance qui se veut moderne et transparente », avait-il ajouté.

Recommandation d'ici juin

Selon les informations obtenues par La Presse, le nouveau commissaire aura le mandat de s'interroger sur les conséquences économiques des décisions du gouvernement en matière de santé. En gros, il pourra vérifier si les contribuables « en ont pour leur argent », et se questionner, par exemple, sur les prescriptions massives de Ritalin au Québec, un phénomène mis en lumière récemment, illustrent des sources à la Santé.

Mme McCann forme un comité afin d'examiner les candidatures pour le poste de commissaire. Y siégeront des partenaires du réseau ainsi que sept députés représentant leur parti au sein de la commission parlementaire de la santé. On s'attend à ce qu'ils fassent une recommandation d'ici juin, que relaiera Mme McCann au Conseil des ministres pour approbation.

« Notre gouvernement s'est engagé à rétablir rapidement le poste de commissaire à la santé, actuellement inactif », observe Mme McCann, qui souligne l'importance de pouvoir compter sur un organisme indépendant capable d'analyser la performance du réseau, de formuler des critiques et de proposer des recommandations pour améliorer l'accès aux soins.

- Avec Tommy Chouinard, La Presse