Le caucus des députés a tranché: le Parti libéral du Québec maintient sa position traditionnelle sur les signes religieux.

Tommy Chouinard LA PRESSE

Vendredi, au terme d'une réunion du caucus de deux jours, le chef intérimaire Pierre Arcand a annoncé qu'un consensus en ce sens a pu être atteint. «C'était assez limpide et assez clair», a-t-il soutenu en conférence de presse. «Tout le monde s'est rallié.»

Comme La Presse l'indiquait en début de semaine, des députés militaient pour que le PLQ change sa position et adopte la recommandation du rapport Bouchard-Taylor. Il s'agit d'interdire le port de signes religieux chez les policiers, les gardiens de prison, les procureurs de la Couronne et les juges ; ce que l'on appelle les agents de l'État dotés d'un pouvoir de coercition.

Or cette option a été écartée. Les tenants du statu quo l'ont emporté. Le parti s'en tient ainsi à la loi qu'il a fait adopter en 2017 et selon laquelle les services publics doivent être donnés et reçus à «visage découvert». Rappelons que cette disposition est contestée devant les tribunaux.

«Le consensus est très clair», a affirmé la députée Hélène David. La porte-parole du parti en matière de laïcité avait fait rapport aux députés de ses consultations sur les signes religieux. «On doit respecter les principes qui sont au centre de notre histoire, et notre position sur les signes religieux, vous ne serez pas surpris, demeure la même. Nous avons toujours été le parti des libertés individuelles et jamais nous n'endosserons de gestes qui empêcheraient des citoyens d'occuper un emploi sur la base de leur orientation religieuse», a-t-elle expliqué.

Jeudi, Pierre Arcand affirmait qu'il ne fallait pas s'attendre à ce que les députés adoptent une position formelle sur les signes religieux lors de la réunion du caucus pour préparer le retour en Chambre, le 5 février. Il était plutôt prévu que la position soit définie seulement lors du dépôt du projet de loi du gouvernement Legault.

Or les députés «ont jugé bon» de trancher la question sans attendre, a indiqué M. Arcand. Selon ses explications, le parti a estimé que le moment était propice de clarifier sa position alors que le gouvernement tergiverse sur une clause de protection des droits acquis pour les employés actuels (clause grand-père) et que le premier ministre François Legault tient des propos controversés sur l'islamophobie.

Québec entend déposer un projet de loi bientôt pour interdire le port de signes religieux non seulement aux agents coercitifs de l'État, mais aussi aux enseignants. «La liberté de religion est enchâssée dans la Charte des droits et libertés de la personne, et jamais nous n'allons endosser la position de la CAQ», a indiqué Pierre Arcand. Au moment du vote sur ce futur projet de loi, «c'est la ligne de parti qui doit prévaloir» chez les libéraux. «On ne parle pas d'un cas comparable à celui de l'aide médicale à mourir», une loi qui avait fait l'objet d'un rare vote libre, a-t-il ajouté.