Le gouvernement Legault a rencontré lundi les dirigeants de Taxelco, la société mère de Téo Taxi, pour examiner «différents scénarios, [mais] surtout pour sauver les jobs payantes». En vain. «Actuellement, on ne peut pas aider Téo», a dit mardi François Legault, alors que l'entreprise montréalaise cesse ses activités.

Mis à jour le 29 janv. 2019
HUGO PILON-LAROSE LA PRESSE

Présent à Gatineau pour une réunion du conseil des ministres, alors que se tiendra aussi demain en Outaouais le caucus d'avant-session de la Coalition avenir Québec (CAQ), le premier ministre du Québec s'est dit désolé pour les quelque 400 chauffeurs salariés de Téo, désormais sans emploi.  

«Je pense surtout aux travailleurs de Téo. C'est triste. C'est un modèle avant-gardiste avec des voitures électriques et une application informatique compliquée. [...] [Mais] au Québec, je ne pense pas qu'on va manquer de voitures de taxis», a dit M. Legault.  

«On a examiné différents scénarios, surtout pour sauver les jobs payantes. Mon obsession n'est pas de créer des emplois à 15 $ de l'heure. C'est de créer des emplois à 25, 30 et 40 $ de l'heure. Il y en avait un certain nombre, il y a un logiciel qui est intéressant, s'il y avait un repreneur, pour l'aider... Mais actuellement, on ne peut pas aider Téo», a-t-il ajouté.  

À sa sortie du conseil des ministres, Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie et de l'Innovation, a précisé que Québec serait uniquement ouvert à aider un entrepreneur qui souhaiterait reprendre la division technologique de Téo Taxi.  

« Il y a une division [technologique] de Téo qui emploie une vingtaine de personnes et il y a effectivement une chance qu'il y ait un entrepreneur qui reprenne cette opération. [...] Dans la mesure où il y a quelqu'un de stratégique qui veut le faire, on va probablement regarder [ce qu'on peut faire]. [Mais] on n'ira pas opérer [nous-mêmes] une compagnie de logiciel », a dit M. Fitzgibbon.  

«Notre modèle d'affaires n'est pas viable»

Le PDG par intérim de Téo Taxi, Dominic Bécotte, a confirmé mardi la fermeture de l'entreprise, disant s'y être résigné «le coeur brisé». Quelque 400 chauffeurs salariés se retrouvent ainsi sans emploi.  

«Nous devons mettre un terme aux activités. Notre modèle d'affaires n'est pas viable dans les conditions actuelles», a conclu M. Bécotte.

Parmi ces «conditions actuelles», il a surtout montré du doigt la réglementation trop rigide dans l'industrie du taxi, qui l'empêchait notamment de modifier sa tarification, selon les heures de pointe, par exemple.

Il a également souligné que l'entretien d'une flotte de véhicules électriques a fait grimper les coûts au-delà des prévisions.

M. Bécotte a également souligné que le seul «argent public» que l'entreprise avait touché était une somme de 5 millions à même la subvention pour l'électrification des taxis, une somme de 1,25 million pour les véhicules électriques et une compensation pour les permis de taxi de 1  million, soit au total 7,25 millions.

- Avec La Presse canadienne