Évincé des centres urbains aux dernières élections, le Parti québécois souhaite porter la voix des habitants des régions, où «il y a une colère qui couve», a affirmé le chef intérimaire Pascal Bérubé.

Mis à jour le 24 janv. 2019
Martin Croteau LA PRESSE

Au terme d'une réunion de deux jours du caucus péquiste à Sainte-Agathe-des-Monts, M. Bérubé a énoncé quatre priorités qui guideront l'action du PQ dans les prochains mois: l'indépendance, l'environnement, l'accès aux services publics et la défense des régions.

Selon M. Bérubé, le gouvernement doit vite se porter au chevet du monde rural, où plusieurs citoyens se sentent négligés par l'État.

«Il y a une colère et elle se manifeste de toutes sortes de façons un peu partout, a-t-il expliqué. Donc la ruralité nécessite davantage d'attention.»

Ce ressentiment est causé par le «démantèlement» des organismes de développement économique régionaux par le précédent gouvernement libéral, a expliqué M. Bérubé. Les acteurs locaux doivent désormais «quémander» l'aide de l'État et l'exode de la population vers les villes se poursuit.

Pendant ce temps, les résidants de plusieurs régions n'ont pas accès à des services tenus pour acquis par les urbains, par exemple la téléphonie cellulaire, l'internet à haute vitesse et les guichets automatiques. La réorganisation des soins de santé a également fait des mécontents.

«Tout ça tend à démontrer pour les gens des régions que les décisions se prennent beaucoup à Québec et que, nous, on pourrait avec nos idées et notre concertation aller plus loin», a dit M. Bérubé.

Le Parti québécois donnera donc une voix au monde rural, dont la frustration est un «phénomène en émergence».

Pascal Bérubé assure qu'il n'est pas question que le PQ néglige les enjeux urbains. La défense des régions, a-t-il dit, ne se fera pas en opposition aux villes.

«Ce n'est pas une confrontation avec la ville, a-t-il résumé. C'est une volonté que les régions soient vues sous un autre jour, comme des partenaires de développement et des gens qui n'ont pas renoncé à ce que leur milieu de vie soit meilleur.»

Le Parti québécois a été réduit de 28 à 10 députés aux élections du 1er octobre. Hormis Catherine Fournier, qui représente une circonscription de la Rive-Sud de Montréal, tous ses élus représentent des circonscriptions en région. Le parti n'a fait élire aucun député sur l'île de Montréal, ni à Québec.