L'année 2019 a commencé de façon cahoteuse pour le député de Rosemont, Vincent Marissal, qui a été expulsé d'un avion d'Air Canada alors qu'il s'apprêtait à rentrer à Montréal après une semaine de vacances en Californie.

Mis à jour le 3 janv. 2019
Agnès Gruda LA PRESSE

L'avion reliant San Francisco à Montréal devait décoller le mardi 1er janvier à 8h5. Vincent Marissal, qui mesure 6 pi 3 po, affirme avoir été incapable de s'insérer dans le siège de la dernière rangée, dont les dossiers ne sont pas inclinables.

Le député de Québec solidaire (QS) aurait demandé à un agent de bord s'il pouvait se déplacer vers un siège libre, muni d'un dossier inclinable, ce qui lui aurait donné un peu plus d'espace. Il affirme s'être dit prêt à payer les frais supplémentaires associés à ce changement de place. Et avoir noté la présence de plusieurs places libres à bord de l'avion.

L'agent de bord ayant indiqué qu'un tel paiement n'était possible qu'au sol, à la porte d'embarquement, la conjointe de Vincent Marissal, Catherine Richer, a alors demandé s'il était possible de sortir de l'avion pour procéder au paiement, a relaté le politicien, joint au téléphone hier.

Selon son récit, au lieu d'une réponse à cette question, un responsable du service d'Air Canada a plutôt enjoint au couple de descendre. « Il nous a dit : "Sortez ou j'appelle la police !" »

« C'était humiliant, on nous a traités comme si nous étions des bandits, de dangereux criminels », s'étonne encore Vincent Marissal. Après avoir vu leur avion décoller, le couple de voyageurs a fini par être placé dans un autre vol, en classe affaires, pour arriver à Montréal à 23h.

« Nous n'avons jamais sollicité de surclassement, tout ce que nous voulions, c'était rentrer à la maison et retrouver nos enfants. » - Vincent Marissal

L'empressement avec lequel l'ancien chroniqueur de La Presse a été traité après avoir été expulsé de l'appareil lui laisse croire qu'il a été victime d'une erreur de jugement qu'Air Canada a ensuite voulu corriger.

Invitée à commenter cet incident, une porte-parole d'Air Canada, Isabelle Arthur, s'est contentée de « confirmer » qu'un passager au départ de San Francisco « avait demandé à débarquer au moment du départ ».

Elle n'a pas voulu faire de commentaires sur la politique de changement de sièges d'Air Canada ni préciser les raisons pouvant justifier l'expulsion d'un passager.

Partagée sur les réseaux sociaux, l'expérience a suscité de nombreuses réactions, dont celle de l'internaute Yann Lefebvre, qui a affirmé, sur Twitter, avoir été témoin de la scène d'expulsion et en a donné une version différente. Selon lui, c'est M. Marissal lui-même qui aurait affirmé qu'il préférait quitter l'avion plutôt que de voyager pendant cinq heures dans de telles conditions.

La Presse a tenté de joindre Yann Lefebvre, hier, mais notre message est resté sans réponse.

Cette histoire survient quatre mois après qu'une autre passagère d'Air Canada, Ellen Flemming, grand-mère de 71 ans qui voyageait avec son mari et leurs deux petits-enfants sur un vol reliant la Colombie-Britannique au Nouveau-Brunswick, a été expulsée d'un appareil à la suite d'une altercation avec un agent de bord, à qui elle aurait demandé de disposer de ses déchets.