Le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge corrige le tir et dit garder le cap fermement sur l'abolition des élections scolaires et la transformation des commissions scolaires en centres de services aux écoles. Les représentants des commissions scolaires font selon lui une « interprétation libre et jovialiste » des propos qu'il a tenus devant eux vendredi.

Mis à jour le 16 déc. 2018
TOMMY CHOUINARD LA PRESSE

En entrevue avec La Presse à la suite d'une rencontre avec M. Roberge, le président de la Fédération des commissaires scolaires du Québec, Alain Fortier, déclarait que le ministre montrait de l'ouverture à une « réflexion sur une modernisation de la démocratie et de la gouvernance scolaires ». « On a bien sûr réitéré notre attachement profond envers la gouvernance élue des commissaires. On a senti du côté du ministre de l'ouverture sur ce plan-là », disait-il avec satisfaction.

Jean-François Roberge a été « très surpris » des propos de M. Fortier. Selon lui, les commissions scolaires « ont fait preuve d'un peu de jovialisme ».

« C'est très clair : on transforme les commissions scolaires en centres de services et on abolit les élections scolaires. J'ai de la misère à comprendre comment [les représentants des commissions scolaires] ont pu comprendre autre chose. »

Le ministre dit leur avoir signalé que des « ajustements » seraient possibles concernant d'autres éléments, par exemple la répartition des pouvoirs entre les centres de services et les conseils d'établissement des écoles. « Leur avis m'importe. Il n'est pas question de les exclure de la réflexion sur la gouvernance », a-t-il soutenu. Il veut les consulter avant le dépôt de son projet de loi.

RESSEMBLANCES AVEC LE PROJET DE LOI LIBÉRAL

Ce dernier aura des « ressemblances » avec le défunt projet de loi 86 du gouvernement Couillard. Les libéraux voulaient éliminer les élections scolaires, mais ils y ont finalement renoncé.

Le mode de nomination des membres du conseil d'administration des centres de services sera semblable à celui des conseils scolaires qu'avaient imaginé les libéraux. Les membres, issus des différentes catégories d'acteurs du monde scolaire et de la communauté, seront élus par cooptation. Il n'y aura aucune possibilité d'élection au suffrage universel, a insisté le ministre.

À l'heure actuelle, « sur les conseils d'établissement [des écoles], 100 % des gens sont élus, autant les enseignants, les membres du personnel, les parents, les gens de la communauté ». Notons qu'ils sont généralement élus par leurs pairs lors d'assemblées. M. Roberge considère donc que « c'est dans chaque école que va s'exercer la démocratie scolaire », selon son plan. « Et c'est avec une élection par cooptation que les gens sur les conseils d'établissement éliront les gens sur les conseils d'administration des centres de services. C'est ce que je mets sur la table pour les discussions », a-t-il expliqué.

Selon lui, comme des représentants de la communauté feront partie du conseil d'administration des centres de services, « on respecte pleinement l'article 23 de la Constitution et on préserve le droit de la communauté anglophone de gérer et de contrôler ses institutions ».