L'Unité permanente anticorruption (UPAC) n'aura finalement pas accès aux documents qu'elle a saisis dans le véhicule et à la résidence de Guy Ouellette afin de boucler son enquête sur les fuites médiatiques du dossier Mâchurer.

Mis à jour le 28 sept. 2018
Hugo Pilon-Larose LA PRESSE

L'UPAC a confirmé par voie de communiqué, vendredi, que le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) avait « concédé à la requête en cassation des mandats de perquisition » initiée en juin dernier par l'avocat de M. Ouellette, Me Jacques Larochelle. La cause devait revenir à la cour le 3 octobre pour que le calendrier des audiences soit défini. 

Guy Ouellette, député libéral et candidat dans la circonscription de Chomedey, à Laval, a été arrêté en octobre dernier par l'UPAC. Aucune accusation n'a été déposée contre lui à ce jour. 

À l'époque, l'UPAC a expliqué que son enquête visait « de possibles infractions d'abus de confiance et d'entrave à la justice ». Guy Ouellette est soupçonné d'avoir divulgué à des médias des éléments de l'enquête Mâchurer sur le financement du Parti libéral du Québec (PLQ) de l'époque où Jean Charest était le chef. 

« Je viens de recevoir copie d'une lettre du Directeur des poursuites criminelles et pénales ayant pour effet de reconnaître que les mandats de perquisition à mon endroit n'étaient pas valides. Même si plusieurs détails restent à être précisés, il s'agit d'une grande victoire pour la démocratie parlementaire », a réagi M. Ouellette, vendredi, sur sa page Facebook. 

« Est-ce que cette décision explique les attaques dont j'ai fait l'objet cette semaine, dont les motivations demeurent encore obscures ? Je n'en sais rien. Je sais toutefois que j'ai eu raison de faire confiance au système de justice et que j'aurai l'occasion, dans un contexte plus serein, de faire le point sur tout cela », a-t-il ajouté.

Quelques heures après la publication de ce message, Philippe Couillard a pour sa part réitéré sa confiance en l'indépendance du DPCP.

« Ce n'est pas à moi de commenter ce que fait une institution indépendante. Ça serait la pire chose à faire », a affirmé le chef libéral.

Confronté au fait que Guy Ouellette a pour sa part émis l'hypothèse qu'il y ait un lien entre la décision du DPCP de concéder à la requête en cassation des mandats de perquisition et la révélation dans les médias cette semaine qu'il a communiqué par le passé des informations sensibles du PLQ à ses adversaires, M. Couillard a répondu : 

« Je n'ai aucun commentaire, je respecte l'indépendance des institutions. [Des questions] en anglais ? »  

Une campagne paralysée 

Depuis quelques jours, le nom de Guy Ouellette a complètement paralysé une partie de la campagne de Philippe Couillard, alors que des médias ont révélé plus tôt cette semaine que M. Ouellette a transmis par le passé des informations sensibles sur son parti à la Coalition avenir Québec. 

Par voie de communiqué, vendredi, le DPCP a rejeté les allégations voulant que les récentes controverses entourant M. Ouellette aient eu un impact sur sa décision. 

« Cette décision, qui fait suite à une analyse rigoureuse, n'a aucun lien direct ou indirect avec les allégations portant sur monsieur Ouellette qui ont circulé dans les médias cette semaine », a-t-on écrit vendredi par voie de communiqué.

« Dans les dernières semaines, et jusqu'à tout récemment, de nouvelles informations ont été portées à l'attention du DPCP. À la lumière de celles-ci et de leurs impacts, le DPCP a décidé de ne pas faire valoir de motifs à l'encontre de la demande d'annulation des mandats de perquisition présentée par M. Ouellette », a poursuivi le DPCP. 

« Selon l'échéancier prévu le 27 juin dernier par le tribunal, le DPCP devait transmettre aujourd'hui ses arguments écrits et a donc déposé ce matin une lettre informant la cour de cette position. Conséquemment, les biens saisis seront remis à monsieur Ouellette par l'UPAC », a-t-on conclu.

Ouellette encouragé  

Sous la publication qu'il a faite sur sa page Facebook, vendredi, Guy Ouellette est encouragé par des collègues libéraux. 

« Très heureuse pour toi, cher collègue et ami. Les citoyens de Chomedey te réitéreront leur confiance le 1er octobre prochain. Bonne fin de campagne et j'espère que te pourras te concentrer sur ta campagne et ne pas te laisser distraire par nos adversaires », lui a notamment répondu la ministre libérale et candidate dans la circonscription d'Anjou, Lise Thériault.

- Avec La Presse canadienne