Les pitbulls demeureront permis au Québec. Le gouvernement Couillard renonce à les interdire. Une décision saluée par Montréal.

Mis à jour le 6 juin 2018
Tommy Chouinard et Pierre-André Normandin LA PRESSE

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, confirme que son projet de loi sur l'encadrement des chiens dangereux sera revu afin, dit-il, de le rendre plus «consensuel» et de l'adopter d'ici la fin de la session parlementaire.

«Il n'y a pas de consensus scientifique, il n'y a même pas de corroborateurs scientifiques qui nous disent que ça va être quelque chose de praticable d'aller jusqu'à la désignation et l'interdiction de races particulières. Quand on fait des lois, il faut que ce soit basé sur des faits objectifs», a-t-il plaidé en marge d'une réunion du caucus libéral, mercredi.

Il donne également raison aux villes qui lui ont signifié qu'une interdiction des pitbulls serait inapplicable. «En Ontario, la ville d'Ottawa, qui devrait faire appliquer la règle d'interdiction des pitbulls (dans cette province), nous dit: "on ne le fait pas, on n'est pas capable de le faire, c'est impossible de le faire". Lorsque les vétérinaires nous disent que c'est impossible, lorsque la communauté scientifique nous dit que c'est impossible, je pense qu'il faut être sensible à ça.»

Et les victimes? ont demandé les journalistes. Martin Coiteux s'est dit «ému» par leur drame. «C'est pour ça que je ne veux pas qu'on laisse la table vide. Je veux m'assurer qu'on ait des règles sévères partout au Québec, dans toutes les villes. Ce ne sera pas des règles bonbon qui seront appliquées.»

L'administration Plante a salué la décision de Québec. «Ils ont fait leur travail, ils ont rencontré les experts et ont conclu la même chose que nous», s'est félicité Craig Sauvé, élu responsable du dossier à Montréal. «Il ne faut pas légiférer sur les races, ce n'est pas basé sur la science. Et la plupart des chiens sont des croisements, alors c'est difficilement applicable.»

Projet Montréal doit d'ailleurs dévoiler la semaine prochaine le règlement sur les chiens dangereux qui viendra remplacer celui de l'administration Coderre, qui avait interdit les pitbulls et qui a été suspendu peu après les élections.

Craig Sauvé dit vouloir s'assurer d'avoir «les meilleures conditions pour avoir plus de chiens en bonne santé mentale et moins d'agressivité».