Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a refusé lundi de sanctionner un député qui a effectué de fausses déclarations de frais de transport à l'Assemblée nationale et qui a signé des chèques en blanc à une ancienne attachée politique.

Martin Croteau LA PRESSE

M. Legault a ainsi balayé d'un revers de main la demande du Parti libéral, qui réclame que Claude Surprenant soit suspendu du caucus caquiste.

« On souhaiterait tous être parfaits, a convenu M. Legault. Il y a eu de petites erreurs de faites, qui ont été reconnues et qui ont été corrigées. Évidemment, ce n'est pas parfait, ce n'est pas idéal. Mais ça n'a rien à voir avec ce qu'on a entendu chez les autres partis. »

Selon un rapport juricomptable dont La Presse révélait le contenu vendredi, M. Surprenant a signé des chèques en blanc pour permettre à son ancienne attachée politique, Julie Nadeau, de payer des dépenses de son bureau de circonscription.

« Une telle pratique est directement contraire aux principes de base des processus de contrôle et, par conséquent, ne sert ni le bien-être du bureau de circonscription ni l'intérêt public », pouvait-on lire dans le rapport.

Le député a également admis à Cogeco avoir effectué de fausses déclarations de dépenses à l'Assemblée nationale pour des frais de déplacement. Il a remboursé 485 $ en octobre.

Le whip du PLQ, Stéphane Billette, somme M. Legault d'exclure M. Surprenant de son caucus le temps que le commissaire à l'éthique enquête sur son cas. Il rappelle que le Parti libéral avait suspendu les députés Tony Tomassi et Jean D'Amours lorsque leur conduite a été remise en question.

« M. Legault, ce qu'il demande aux autres lorsqu'il y a un cas éthique, c'est toujours le retrait, a fait valoir M. Billette. Je pense qu'il doit être cohérent. Tu ne peux pas avoir des paramètres variables au niveau de l'éthique. »

M. Legault se dit favorable à ce que le commissaire à l'éthique se penche sur l'ensemble des réclamations de dépenses des députés de l'Assemblée nationale. Mais il n'est pas question de sanctionner son député parce qu'il a agi « de bonne foi ».

« Si j'étais libéral, je me garderais une petite gêne, a dit M. Legault. Quand on compare ce qui a été fait par M. Surprenant par rapport à ce qui a déjà été vu chez les libéraux, je me garderais une petite gêne et je m'occuperais de voir ce qui arrive avec l'économie. »

« Imprudent »

Les gestes de M. Surprenant ont néanmoins semblé causer un malaise dans les troupes caquistes. 

Lise Lavallée, députée de Repentigny, a affirmé que les gestes du député constituent un « petit scandale », bien qu'elle juge que les agissements passés du Parti libéral et du Parti québécois soient bien pires.

« C'est imprudent, a-t-elle dit au sujet des chèques en blanc signés par son collègue. Moi, je ne l'ai jamais fait, même quand je faisais mon autre travail comme notaire. »

La députée d'Iberville, Claire Samson, a reconnu que les gestes de M. Surprenant ne projettent pas une image « positive » pour son parti. En revanche, a-t-elle dit, la population aurait tort de penser que les élus de l'Assemblée nationale s'enrichissent indûment dans le cadre de leurs fonctions.

« Claude, c'est un gars qui est bien honnête, a-t-elle affirmé. Je ne vous dis pas qu'il n'a pas peut-être manqué de jugement, ou qu'il a pris une mauvaise décision ou quoi que ce soit. Mais les députés, on sort de l'argent de notre poche chaque semaine. »