Le Grand Conseil des Cris a mis fin à son opposition à l'exploitation forestière sur des territoires convoités par Produits Forestiers Résolu, dans une entente annoncée aujourd'hui à Québec.

Publié le 13 juill. 2015
CHARLES CÔTÉ LA PRESSE

L'entente obtenue sous la médiation de l'ex-premier ministre Lucien Bouchard prévoit en outre l'agrandissement d'une aire protégée au nord de la rivière Broadback, à Baie-James.

« Nous posons un nouveau jalon significatif dans la relation de nation à nation que nous entretenons avec les Cris », a déclaré le premier ministre Philippe Couillard.

L'entente pourrait permettre le rétablissement de la certification forestière FSC de territoires de coupe de Résolu situés au nord-est du lac Saint-Jean, aux confins des territoires cris et innus.

L'entente ajoute 5300 km carrés à une aire protégée dans la région de la rivière Broadback. Selon M. Couillard, cette annonce est un geste « significatif » en vue de la protection du caribou forestier.

Cependant, les Cris de la communauté de Waswanipi étaient sur place aujourd'hui devant l'Assemblée nationale pour signifier leur désaccord.

« Notre communauté s'oppose de manière unanime à l'annonce d'aujourd'hui puisqu'elle ignore presque totalement les propositions d'aires protégées de Waswanipi et qu'elle ouvre la porte à de nouvelles coupes forestières et à la création de routes, ce qui menace l'héritage écologique et culturel unique sur le territoire de Waswanipi », a affirmé la communauté dans un communiqué.

Les Cris de Waswanipi promettent d'alerter l'opinion internationale, spécialement les acheteurs de produits forestiers, afin de freiner la mise en marché du papier et du bois de la vallée de la Broadback.

Ils affirment qu'au lieu de protéger des forêts intactes fréquentées par le caribou forestier, l'entente vise la protection de forêts situées plus au nord, à l'extérieur de la forêt commerciale. Ces zones « ne peuvent être récoltées par les forestières et sont surtout des brûlis », affirme la communauté de Waswanipi.

L'entente ne règle pas non plus le différend entre les Cris et les Innus. À ce sujet, Québec annonce « un groupe de travail commun » qui « idéalement serait composée de représentants cris, innus et du Québec », selon ce qu'a indiqué M. Couillard.