Québec ne fera pas de « marchandage » avec les syndiqués pour éviter le «bordel» promis par la Coalition syndicale pour la libre négociation, qui s'oppose au projet de loi 3 sur les régimes de retraite dans les municipalités. Ce sont des menaces «grotesques», a lâché le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, mardi.

Tommy Chouinard LA PRESSE

En marge d'une rencontre avec des représentants des unions municipales, M. Moreau est revenu sur les propos tenus par le porte-parole de la Coalition, Marc Ranger, lors d'une manifestation samedi. M. Ranger a déclaré que les syndiqués ont le « pouvoir » de «foutre le bordel» s'ils ne sont pas écoutés par le gouvernement. Il a cherché à nuancer ses propos lors d'une mêlée de presse en disant qu' « il y a des façons de foutre le bordel intelligemment ».

« Vous avez noté comme moi que M. Ranger a tenté de les diminuer dès qu'il s'est rendu compte lui-même que ça avait toutes les apparences d'une gaffe. Je pense que les Québécois ne tolèrent plus ce genre de comportement un peu grotesque », a affirmé M. Moreau.

« Je pense qu'il doit être revenu à la raison depuis sa déclaration... Il a tellement tenté de la minimiser. Il est conscient lui-même que ça ne dessert aucune cause. » Il a par ailleurs souligné que la manifestation de samedi s'est déroulée « dans l'ordre », « une preuve qu'on peut manifester sans foutre le bordel ».

Les déclarations de Marc Ranger n'amèneront pas le gouvernement à reculer sur les principales mesures du projet de loi 3 pour éviter un « bordel ». « On n'est pas une situation de marchandage », a lancé M. Moreau. « Ce genre de propos ne change en rien la détermination du gouvernement à aller de l'avant. »

Le ministre déposera quelques amendements « incessamment », surtout pour tenir compte des régimes de retraite qui sont pleinement capitalisés - une minorité. 

Les études actuarielles sur les 172 régimes de retraite touchés par le projet de loi 3 pourraient être présentées avant l'adoption de la loi. Mais selon le ministre, il n'y a aucune raison de les attendre, donc de connaître l'état de santé de chaque régime, avant d'aller plus loin dans l'étude du projet de loi. « Par exemple, indépendamment du fait que je ne connaisse pas votre poids, je peux vous dire que si vous êtes en surpoids, vous êtes en situation de santé précaire », a-t-il illustré.