La Coalition Avenir Québec a posé ses conditions jeudi pour l'adoption de la Charte des valeurs québécoise. Mais sur le fond, il se dit plutôt en accord avec le gouvernement péquiste et croit que l'adoption d'une charte pourrait se faire rapidement.

Mis à jour le 29 août 2013
Anabelle Blais LA PRESSE

Sur la question des accommodements religieux, le chef du parti de l'opposition François Legault se dit «assez d'accord» avec la position de la première ministre Pauline Marois et «assez en désaccord» avec celle du chef du parti libéral Philippe Couillard. 

«On veut interdire tous les accommodements qui contreviennent à l'égalité homme-femme, qui créent des coûts ou des problèmes d'organisation», a déclaré M. Legault qui était de passage à Montréal. 

Mais pour appuyer le projet de loi de la Charte, qui n'a pas encore été déposé à l'Assemblée, M. Legault exigera des compromis sur la question de l'interdiction des signes religieux pour les employés de l'État. 

La CAQ croit que ces interdictions devraient se limiter aux personnes en autorité, c'est-à-dire les policiers, les juges, les gardiens de prison et les enseignants du primaire et du secondaire. 

«Mme Marois veut étendre ça à tous les employés de l'État [...] c'est radical et exagéré, a affirmé M. Legault. Si Mme Marois rejoint notre position, on peut effectivement être capable d'adopter rapidement une charte de la laïcité.» 

M. Legault a surtout réservé ses critiques pour M. Couillard dans ce dossier. Selon lui, le chef libéral «s'est disqualifié comme prétendant premier ministre du Québec». 

«Quand on aspire à devenir premier ministre du Québec, on doit défendre les valeurs québécoises et de toute évidence M. Couillard ne veut pas défendre les Québécois parce qu'il veut maintenir des appuis d'une certaine clientèle», a-t-il dit. 

Selon lui, le parti libéral du Québec revient avec un «vieux» projet de loi de l'ancien gouvernement de Jean Charest. Le projet de loi 94  prévoyait que les employés de l'État devaient travailler à visage découvert sans autre interdiction quant au port des signes religieux.