Le gouvernement Marois demande à Ottawa d'agir rapidement pour empêcher des prédicateurs islamistes étrangers de venir à Montréal pour y tenir «des propos inacceptables pour les femmes du Québec» et «rétrogrades».

Publié le 21 août 2013
Fabrice de Pierrebourg LA PRESSE

La ministre de l'Emploi et de la Condition féminine Agnès Maltais vient d'envoyer une lettre en ce sens à son homologue fédérale la ministre Kellie Leitch.

Ce matin, La Presse a évoqué la venue prochaine à Montréal de prédicateurs islamistes européens dans le cadre d'une conférence organisée au Palais des Congrès.

Dans leurs prêches en ligne, certains de ces invités vedettes s'en prennent par exemple en des termes assez crus aux femmes, en particulier celles qui se maquillent, se parfument, portent des vêtements courts et serrés, des tenues considérées comme provocantes.

L'un d'entre eux explique aussi que le voile est une obligation et que la femme n'a pas le choix puisqu'elle est une «servante d'Allah» et que ne pas le porter «est pire que d'avoir le cancer ou le sida».

«Ce sont des propos dégradants et humiliants, estime Agnès Maltais lors d'une entrevue avec La Presse.  Je ne comprends pas comment l'on peut encore accueillir et organiser des conférences où l'on tient de tels propos. L'égalité hommes-femmes est fondamentale et ne peut pas être remise en question au nom de la liberté d'expression». 

La ministre rappelle aussi qu'en 2011 l'Assemblée nationale du Québec avait voté unanimement une motion pour exiger qu'Ottawa bloque l'entrée au pays de deux prêcheurs islamistes anglais controversés. Motion non suivie d'effet puisque les deux hommes avaient déjà franchi la frontière.

Dans sa lettre envoyée au gouvernement fédéral, Agnès Maltais rappelle que «l'Assemblée nationale affirmait que ces positions rétrogrades n'ont pas leur place dans une société démocratique et vont à l'encontre des valeurs fondamentales de la société québécoise, soit l'égalité entre les hommes et les femmes et le respect de l'intégrité physique des personnes.»