Le gouvernement péquiste a effacé hier après-midi ses cibles de protection du territoire sur le site du Nord pour tous, sa version du Plan Nord.

PAUL JOURNET LA PRESSE

On y lisait que Québec voulait convertir, d'ici 2020, 20% du territoire du Nord en aires protégées. La phrase n'y apparaît plus. On propose encore de protéger la moitié du territoire du Nord, mais l'échéancier de 2035 a été effacé. «Nous sommes très préoccupés, lance Suzann Méthot, de l'Initiative boréale canadienne. Le Québec ne peut pas renier ses engagements. On veut rencontrer le ministre [de l'Environnement, Yves-François Blanchet], mais on attend encore.»

Le gouvernement confirme avoir demandé cette modification hier. La raison: les cibles mentionnées ne correspondaient pas à sa position. La création de 20% d'aires protégées n'a jamais fait partie du programme péquiste, assure M. Blanchet. Il s'agit d'une «promesse électorale» de Jean Charest, qui ne reposait pas, selon lui, sur un plan sérieux. Il se montre rassurant. «On va faire mieux, promet-il. Et nous, on ne va pas garrocher des chiffres. On va procéder de façon sérieuse, avec la science et des mécanismes de consultation.»

Les environnementalistes demandent à Québec de respecter la cible de 17% de protection du territoire, établie en 2010 par la convention-cadre sur la diversité biologique de Nagoya. M. Blanchet répond que ce traité sera sa «principale inspiration» quand il annoncera son plan.

Il veut aussi mettre la moitié du territoire du Nord à l'abri du «développement industriel». Sur le site internet du ministère de l'Environnement, on écrit vouloir «consacrer 50% du territoire du développement nordique à la protection de l'environnement, à la sauvegarde de la biodiversité et à la mise en valeur du patrimoine naturel». On a effacé la mention où on disait que le territoire protégé pourrait néanmoins être soumis «à divers types de développements qui ne font pas appel à des activités industrielles», et qu'une loi serait adoptée.

Le ministre Blanchet explique qu'il veut prendre le temps de bien articuler son plan, à partir de la «science disponible et des connaissances en biodiversité». «L'échéancier reste à établir», dit-il. Il le précisera bientôt, dans «quelques semaines».