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Legault propose de dépolluer les terrains le long du fleuve

Le fleuve Saint-Laurent dans    ... (Photo: Ivanoh Demers, archives La Presse)

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Le fleuve Saint-Laurent dans la région de Sorel-Tracy.

Photo: Ivanoh Demers, archives La Presse

(Boucherville) La Coalition avenir Québec (CAQ) veut lancer une grande «corvée nationale»: décontaminer des centaines de terrains sur les rives du fleuve Saint-Laurent pour y attirer des entreprises et développer des «milieux de vie». Et il croit que l'État devrait payer la facture.

Ces terrains seraient ensuite revendus aux entreprises. «On me dira que la décontamination va coûter cher. C'est vrai, a-t-il reconnu. Mais c'est un investissement. Des partenariats sont aussi possibles», a affirmé le chef caquiste François Legault devant quelque 450 militants réunis en conseil national à Boucherville. Il présentait les premiers détails de son Plan Sud, le Projet Saint-Laurent.

Il croit qu'avec la revente, l'opération serait «à coût nul». «Je ne pense pas qu'il y aura de coûts pour les contribuables», a-t-il affirmé. Plus tard en point de presse, il a affirmé que le prix de vente pourrait être «supérieur au coût de décontamination». Mais on ne sait pas encore qui paierait quoi.

La CAQ a déjà mandaté une firme pour recenser tous les espaces disponibles près des grandes villes le long du Saint-Laurent, et pour estimer les coûts pour décontaminer certains terrains dans le grand Montréal. Elle dit ne pas vouloir créer de simples parcs technologiques. Elle veut en faire une politique d'aménagement du territoire. Elle y développerait des «milieux de vie attirants», «beaux et écologiques», avec des garderies et des parcs. «Pour attirer des investissements, il faut que la ville soit hot, qu'elle soit belle.»

Certains terrains n'appartiennent pas à la ville. M. Legault souhaiterait que leurs propriétaires paient une partie des coûts de décontamination. Mais c'est un «défi», reconnaît-il, car certaines entreprises ont contaminé ces terrains tout en respectant les lois et règlements de l'époque.

En 2009, la Chambre de commerce de commerce et d'industrie de l'est de Montréal estimait que la décontamination coûterait entre 350 à 550 millions de dollars. Elle recommandait de partager la facture entre les trois paliers de gouvernement. On pourrait à terme générer une activité économique de 2,5 milliards de dollars, avançait-elle.

M. Legault n'a pas voulu reprendre ces chiffres ni en proposer d'autres. Son projet est encore en développement, justifie-t-il. Des consultations sont en cours. L'exercice culminera avec le lancement d'un livre cet automne. Il assure que le Projet Saint-Laurent est «réaliste». «Je suis très, très pragmatique. Je suis un homme d'affaires, il faut que ça balance, que ce soit payant», a-t-il assuré.   

«On a construit le Québec dos au fleuve. Il faut maintenant le reconstruire face au fleuve», a-t-il lancé. Il reconnaît que plusieurs autres métropoles se sont développées en construisant leurs routes près des cours d'eau.

«Manque de leadership à Montréal»

Pour son Projet Saint-Laurent, M. Legault veut créer une «vallée de l'innovation» le long du Saint-Laurent, autour des villes universitaires de Montréal, Trois-Rivières, Sherbrooke et Québec.  

Trois problèmes doivent être surmontés selon lui pour attirer plus d'investissements privés. D'abord, offrir plus de terrains aux entreprises. «Quand on demande au maire de Montréal où les entreprises peuvent s'installer, il dit qu'il y a de petits terrains à ville Saint-Laurent, ou des terrains dans l'est de Montréal, mais qu'ils sont contaminés.» Il accuse le maire Applebaum de «manquer de leadership» et de ne rien faire pour régler le problème. «Qu'il lève la main et agisse!», s'impatiente-t-il.

Le deuxième problème: les incitatifs fiscaux sont «mal dirigés» et «saupoudrés un peu partout». La CAQ propose d'éliminer la moitié des crédits d'impôt aux entreprises, qui totalisent présentement quatre milliards de dollars par année, et de les utiliser autrement pour attirer les investissements privés.   

Enfin, le «démarchage» pour les entreprises serait trop éparpillé. Un entrepreneur doit s'adresser au Centre local de développement, Montréal International, Investissement Québec et parfois aussi à différents ministères. «Les entrepreneurs ne sont pas des gens patients», dit-il.

Projet bâclé, régions oubliées, dit le PLQ

Les libéraux ne sont pas impressionnés par le projet. «Ça correspond au trajet d'autobus durant la dernière campagne électorale», se moque Sam Hamad. Il accuse la CAQ «d'oublier» des régions comme l'Abitibi, la Gaspésie, le Lac-Saint-Jean et l'Outaouais. «Dans l'ensemble, ce n'est qu'un projet de décontamination immobilière, pas d'innovation, poursuit le député libéral. Et on n'est pas sorti du bois, parce que ça va coûter cher. Ce n'est pas un bon projet. L'enjeu n'est pas seulement de trouver un espace pour les entreprises. La clé, comme l'a expliqué (le nouveau chef libéral Philippe) Couillard, c'est d'utiliser la fiscalité pour attirer les investissements, d'attitrer plus de chercheurs. Je ne vois rien pour ça là-dedans. Et en plus, il ne donne pas de détails.»

 




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