Philippe Couillard a choisi un vétéran libéral pour réaliser l'opération de transition visant à assurer sa position à la tête du parti et de son aile parlementaire. Ronald Poupart, compagnon de route de Robert Bourassa, qui a dirigé le cabinet de Jean Charest dans l'opposition, reprendra brièvement du service.

Denis Lessard LA PRESSE

Il a suivi de près la campagne à la direction, mais était en Floride au cours des dernières semaines. Il est rentré au Québec dimanche soir. Un de ses premiers mandats sera d'assainir les finances du Parti libéral du Québec (PLQ). Le parti a terminé la campagne électorale de 2012 dans le rouge. Les changements importants aux règles sur le financement des partis - le plafond des contributions est passé de 1000$ à 100$ - nécessiteront également des ajustements rapides.

M. Couillard sera à Québec aujourd'hui et devrait rencontrer quelques députés en privé. Raymond Bachand respectera son engagement de rester jusqu'à la fin de son mandat, mais il s'attend à conserver son poste de critique en matière de finances.

Dans son premier point de presse, au lendemain de sa très nette victoire, M. Couillard a d'ailleurs promis que Raymond Bachand et Pierre Moreau, ses deux adversaires, «auront un rôle très important à jouer au Parti libéral du Québec et autour de [lui]».

Il discutera également de la distribution des responsabilités parlementaires avec le caucus aujourd'hui. Des décisions seront annoncées durant le congé pascal.

On évoque la possibilité de nommer Pierre Moreau leader parlementaire, mais aucune décision n'a été prise. L'ancien ministre des Transports ne fait toutefois pas l'unanimité au caucus. Comme l'a indiqué La Presse hier, Jean-Marc Fournier restera chef de l'opposition officielle, mais les autres postes - leader parlementaire, whip et président du caucus - changeront très probablement de titulaires.

Il dit «ne pas considérer comme prioritaire d'entrer à l'Assemblée nationale» au cours des prochains mois. Il verra par la suite s'il se lancera dans une éventuelle élection complémentaire ou s'il attendra un scrutin général. D'ici là, il promet de participer au caucus une fois par semaine.

Il compte discuter avec la direction du PLQ au sujet du salaire qui devrait lui être versé. «Je n'ai pas de revenu depuis octobre. J'aimerais être indépendant de fortune, mais ce n'est pas le cas», a-t-il dit.

Interrogé sur la refonte de la Charte de la langue française, le nouveau chef a durement critiqué le projet de loi 14, mais contrairement à Marc Tanguay, critique libéral dans le dossier, M. Couillard n'a pas fermé la porte aux discussions.

Ainsi, selon lui, le projet de loi 14 «n'est pas acceptable ni nécessaire». «On ferait beaucoup plus de gains avec des mesures d'accompagnement plutôt que d'ajouter de la coercition.»

Une tournée du Québec

Son premier geste sera de lancer une tournée du Québec, qui préparera une série de congrès régionaux. Selon lui, les militants du PLQ doivent retrouver leur capacité d'influencer les orientations du parti. «ll faut améliorer le contact direct avec les membres. Les membres un peu partout m'ont dit qu'ils voudraient se sentir beaucoup plus impliqués dans la préparation du programme électoral.»

À maintes reprises, on a rappelé à M. Couillard ses liens avec le Dr Arthur Porter. Pas question pour lui «d'avoir la lâcheté de renier ses amitiés», mais il rappelle que le contrat à SNC-Lavalin, sous la loupe de la police, a été attribué après son retrait de la politique. «Je n'ai pu avoir quelque influence que ce soit.»

Dimanche, M. Couillard a soutenu que le PLQ devrait désormais être irréprochable sur le plan de l'éthique. Un code d'éthique «complet» sera donc préparé par le parti. Même si cela n'excuse rien, il rappelle que le PLQ n'est pas le seul parti qui s'est retrouvé sur la sellette à la commission Charbonneau. «S'il y a des choses à reconnaître, on les reconnaîtra», a-t-il dit.

Photothèque Le Soleil

Ronald Poupart